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The blackest night • ( noah )
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 :: A Walk on San Francisco :: Pacific Heights :: Quartier résidentiel
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Ciscan depuis le : 30/07/2016
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MessageSujet: The blackest night • ( noah ) Mar 2 Aoû - 3:27


   
    Noah & Astoria
    The blackest night

L
’atmosphère est étouffante, suintante et mordante. Les effluves désagréables se mêlent pour former cette harmonie désaccordée, cette odeur si particulière qui est pourtant le credo des bars de cette ville. Le tabac froid qui se donne à la fraîcheur du whisky, la douceur enivrante de la tequila qui se lie à celle de la vodka. Univers pernicieux, univers nocturne dans lequel elle s'enferme la belle, dans lequel elle s'oublie la brune. Même si elle n'est pas celle qui danse au milieu de la piste, celle qui laisse le venin brûlant de l'alcool glisser dans son sang, celle qui tente de tout omettre en perdant la tête. Celle qui se donne aux hommes pour plonger dans un autre monde l'espace de quelques heures, qui flotteraient hors du temps, qui lui permettraient d'être une autre glissant dans les draps d'étrangers. Non, elle ne fait pas parti de ceux là, pas ce soir en tout cas. C'est derrière le bar qu'elle joue la comédie, c'est en versant des verres qu'elle vend ses sourires. Le travail, merveilleux moyen de penser à autre chose, splendide méthode pour se noyer dans d'autres problèmes, moins lourds, de ceux qui ne rongent pas, de ceux qui ne vous font pas perdre la tête, de ceux qui sont si dérisoires qu'ils balaient les autres.
Un dernier moment à esquisser ses divines lippes, un dernier cocktail qu'elle pousse en direction du roi de la soirée, des dernières avances qu'elle repousse finement mais fermement et enfin elle s'envole la brune. Elle s'échappe dans un écran de fumée, elle rejoint la réalité, elle se glisse dans la rues passante ses opalescentes accrochant la route à la recherche d'un taxi. Mais rien. Elle a beau attendre, elle a beau patienter, toujours rien. Et la peur la ronge, l'angoisse la dévore, elle en tremblerait la fière princesse des contrées ensoleillées. La seule idée de rentrer seule, de marcher sans accompagnant dans les rues de San Francisco la glace. Comme la dernière fois... Elle pourrait prévenir son frère, elle pourrait le faire venir… Mais elle n'est pas assez égoïste pour le faire se déranger à cette heure, alors elle condamne cette idée. Elle affronte ses démons Astoria, elle marche d'un pas rapide et assuré, elle paraît si sûre d'elle la demoiselle. On pourrait presque croire que rien ne l'atteint, qu'aucuns démons ne la poursuit, qu'elle est cette forteresse imprenable telle qu'on l'a toujours vu. Risible cliché. Ses dents se serrent, malgré ses prunelles ouvertes sur le monde éclairés à la lumière des réverbères, elle les voit, elle revoit la scène. Malgré le silence, seulement entrecoupé par le bruit des voitures qui parfois viennent le déranger, elle les entend, leurs mots qui vicieusement entre dans son esprits, leurs souffles qui sauvagement viennent la faire frisonner. Elle les ressentirait presque de nouveau. Du passé, rien que du passé, des moments d'horreurs qui ne se reproduiront plus... Sûrement bien trop utopiste et naïve la gamine, mais elle a besoin de se convaincre, elle a besoin de ça pour survivre.
Plus que quelques mètres et elle y sera, plus que quelques bâtiments et elle pourra relâcher cette pression qui l'enserre tel un étau bien trop puissant. Elle pourra reprendre cette respiration qu'elle retient depuis bien trop longtemps. Un grondement. Presque animal. La douleur qui se mêle à la colère. Bien trop masculin. Assez pour la faire sursauter en tout cas, pour la faire se reculer d'un pas alors qu'elle cherche désespérément l'auteur de ce bruit. Puis un second qui succède au premier, alors qu'une silhouette assisse par terre, reposant contre le mur, se dessine. Le halo argenté de la lune se lie à celui des réverbères pour dévoiler un visage qui ne lui est pas inconnu, un faciès qu'elle connaît bien. Elle est inconsciente de s'approcher ainsi, elle n'a jamais été très prudente la demoiselle, c'est bien pour cela qu'elle s'accroupit face à lui. « Evans? » C'est bien la première fois que je suis soulagé de te voir toi.... Lentement ses opalescences retracent le visage savamment dessiné du jeune homme, ces traits abîmés par les coups, tâchés par le précieux liquide carmin qui repose dans ses veines, par les ecchymoses qui commencent doucement à se dessiner, même ses bras ont été touché et certainement bien d'autres partis de son corps… « On dirait que quelqu'un a passé une agréable soirée... » Que la tentation de lui rire au nez, de le laisser là en plan, dans sa merde, est tentante. Mais elle n'est pas comme ça, bien au contraire… Deux regards qui se croisent, deux paires d'yeux qui s'affrontent, la terre brûlée contre l'océan déchaîné. « Tu as besoin de soin Evans...Et maintenant… » Elle se mord la lèvre, tentant de retenir les mots qui menacent de s'échapper d'entre ses lippes… « J'y crois pas que je vais dire ça mais…laisse moi t'aider ok ? » Elle soupire s'attendant déjà à devoir s'opposer au caractère toujours aussi candide de son comparse…
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MessageSujet: Re: The blackest night • ( noah ) Mar 2 Aoû - 23:09
The blackest night

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Astoria ✧ Noah
Encore une soirée dans un bar. Encore une lignée de verres de plus en plus flous, de plus en plus longs à arriver. Whisky, tequila. J'ai perdu le fil. Seulement de ce que j'ai bu. Parce qu'au final, mes pensées, elles, sont toujours là. Les lumières du bar dansent devant mes yeux, comme de larges et troubles paillettes dorées. Faudrait que je rentre. Que j'essaye de dormir. D'échapper aux cauchemars. C'est pour ça que je suis venu traîner ici. Dans le but d'échapper à ce qui se passe dans ma tête. Personne n'a idée de ce que ça fait, d'avoir peur de trouver le sommeil alors qu'on en a cruellement besoin. Devoir éviter l'endormissement pour éviter des images qui rejouent les mêmes éternelles scènes en boucle. Et parfois, tu craques. T'en peux plus, alors tu dors. Ouais, tu dors. Tu dors et les ombres du passé viennent te hanter à peine tes yeux fermés. Ces cauchemars, je les ai vécu. Ca a été mon quotidien des années. Toute mon enfance. Je secoue la tête, peut-être un peu trop fort, parce que la pièce vacille légèrement, puis je me lève, m'appuyant sur la table avec mes poings. Je traverse la salle sans jeter un regard à qui que ce soit. Fantôme de moi-même, j'atteins la porte puis l'extérieur, à peine conscient du court trajet qui me séparait de la sortie. L'air frais de la nuit me fait du bien. J'inspire profondément, remplissant mes poumons comme une bouffée d'oxygène salvatrice, et, aussi discret qu'un loup, je m'éloigne dans la sombre clarté dégagée par les réverbères.

Mes Timberland font un léger bruit sur le trottoir, qui résonne et se perd au fin fond des rues désertes à cette heure avancée de la nuit. C'est régulier, doux, et mon esprit s'en sert aussi comme repère, comme point d'attache pour me guider jusqu'à ma voiture, que j'ai garée de l'autre côté du quartier. Pourquoi je l'ai foutue si loin déjà ? Fait chier. Mon esprit sur off, le pilote automatique enclenché, je me rapproche du parking. Bientôt, j'ai la sensation d'être suivi, observé. Imperturbable, je poursuis ma route. J'ai parfaitement conscience des gens qui fréquentent ces rues à cette heure-ci. Je le sais, parce que j'en suis, à mes heures perdues. Ca ne m'effraie pas. Mes sens se décuplent malgré la dose excessive d'alcool que j'ai bu, mon ouïe s'affine, et je perçois trois personnes derrière moi. Je dirais, à cinq ou six mètres. Mais ils s'approchent. Je continue de marcher au même rythme, comme si je n'avais rien remarqué. Je sais qu'ils sont à l’affût du moindre changement de comportement chez moi. Et à la moindre occasion, ils comptent me surprendre et me sauter dessus. Je compte bien ne pas leur laisser l'avance. Brutalement, je fais volte-face. J’avais vu juste, ils sont trois. Et j’en reconnais deux. Des dealers, des trafiquants, appelez ça comme vous voulez, ils baignent dans les trucs louches jusqu’au cou. Mark et Chandler. C’est ça leurs noms. Ils coupent la drogue qu’ils revendent, ils sont pas super appréciés dans le milieu. Des arnaqueurs. Je leur ai piqué plusieurs clients réguliers. Autant dire que ça ne leur a pas plu du tout.

- Vous avez un soucis les mecs ?

Un seul regard entre eux, des murmures échangés à voix basse, je connais la suite. Et même si je suis balèze, trois contre un, ils ont l’avantage. Et qui sait s’ils ne sont pas armés. Secrètement, j’espère que non. Parce que d’ici là qu’on me retrouve ici, j’aurais le temps de me vider de mon sang. J’ai le temps de reculer d’un pas pour prendre mon appui avant que le premier ne m’atteigne. Si j’évite aisément sa droite, le deuxième me chope le bras et me le tord violemment en arrière. S’ensuit un mélange violent de mains et de pieds.

Je suis vaguement assis par terre, affalé contre le mur, quand je reprends mes esprits. L’odeur du sang. La scène me revient en tête. J’ai dû perdre connaissance quelques instants. Si je suis salement amoché, ils ne s’en sont pas sortis indemnes, loin de là. Je sais me défendre. J’ai la sensation d’un marteau-piqueur dans la tête, et plusieurs endroits de mon corps sont clairement douloureux. Mais je crois que le pire, c’est cette zone vers le bas de mon ventre. J’y passe ma main en grimaçant, mes doigts entrent en contact avec le tissu étrangement mouillé et collant de mon t-shirt. Je gémis brusquement. Merde. Histoire de vérifier que le sang est bien le mien, je glisse prudemment ma main sous mon t-shirt. Grave erreur. La douleur m’arrache un nouveau geignement. Putain, c’est pas vrai. Je retire mes doigts de la plaie, cale ma tête contre le mur et ferme les yeux. Faut que je rentre à l’appart. Une silhouette s’approche. Automatiquement, mon corps se met en alerte, prêt à riposter malgré les coups déjà encaissés. Dans la pénombre, entre les effluves de l’alcool qui reprennent le dessus et le délire causé par la douleur, je ne te reconnais pas de suite. C’est ta voix qui m’interpelle.

- Evans?
- Reyes.

Ma réponse est machinale. Parmi toutes les personnes qui pouvaient passer ici, il a fallu que ce soit toi. Fait chier. Je referme les yeux, luttant contre moi-même, l’arrière de ma tête calé contre les briques.

- On dirait que quelqu'un a passé une agréable soirée…
- Sans déconner, perspicace la nana.

Je ricane légèrement avec difficulté, et je termine par serrer les dents de douleur. Je n’ai aucune envie de te parler. Ni de parler tout court, d’ailleurs. Ma mâchoire est douloureuse. Ma tête me donne la sensation d’exploser d’ici quelques minutes. C’est vraiment pas le moment de venir m’emmerder. Si t’as rien de mieux à faire, dégage. Puis qu’est-ce tu fous là à cette heure-ci d’ailleurs ? Mais merde, j’en ai rien à branler en fait. J’ai mal. Je rouvre les yeux, te toise avec toute l’arrogance dont je suis capable, y compris dans cette situation. C’est le choc entre la braise et la glace. Le noir de tes yeux contre le gris des miens.

- Tu as besoin de soin Evans...Et maintenant…

J’ai encore envie de te rire au nez, mais décidément, cette blessure dans mon abdomen m’en fait baver. Je continue de te fixer, l’air mauvais entremêlé de douleur, mais en silence. Je suis complètement bourré, j’ai la bouche sèche. L’adrénaline retombée, l’alcool est revenu en force. Et vu mon état, il a pris le dessus sans trop d’efforts. Je lâche un soupir, l’haleine chargée de whisky qui doit forcément te parvenir au nez, vu notre proximité.

- J'y crois pas que je vais dire ça mais…laisse moi t'aider ok ?

A la sensation humide qui s’agrandit sur le bas de mon t-shirt, je sais que t’as raison. Même si ça me tue de l’admettre. Mon regard ne quitte pas le tien. Mentalement, je considère mes options. Et c’est avec un goût amer et légèrement métallique dans la bouche que je prends conscience que t’es ma seule option. Je ne peux clairement pas atteindre ma voiture tout seul, elle est trop loin. Je suis pas certain de pouvoir conduire. Mais ça, je verrai sur place. Une chose à la fois. Ouais, ça m’arrive d’être raisonnable parfois. Mais pas trop non plus. A contrecoeur, je lance, plein de dédain :

- Ma caisse est garée sur le parking derrière.

Façon indirecte de dire que j'accepte ta proposition. Je tente machinalement d’indiquer la direction d’un signe de tête, mais je grimace une énième fois. Si on m’avait dit que j’allais devoir me laisser aider par Astoria Reyes, je jure que je l’aurais pas cru.



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MessageSujet: Re: The blackest night • ( noah ) Mer 3 Aoû - 4:11


   
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    The blackest night

L
a nuit est sombre, la nuit est pleine de ces mauvaises surprises qui viennent vous hanter pour le restant de votre vie. Elle est chargée de ces instants percutant qui ont marqués la belle au fer blanc. Avant le ciel étoilé lui permettait de rêver, de s'échapper, de s'enfuir vers des contrés imaginaires qu'elle seule connaissait. Aujourd'hui les ténèbres du soir ne sont plus que le symbole des cauchemars qui la rongent, des problèmes qui la décime. Ils ne sont plus que son enfer personnel, sa punition pour ne jamais oublier, pour qu'elle puisse se souvenir à jamais. Elle en a perdu le sommeil la gamine, elle vit le soir la princesse de la naïveté, elle survit dans son propre drame la demoiselle. Et désormais la voilà avec lui, avec cet ange venu des enfers, avec ce démon, nouveau châtiment pour la faire payer. Ce brun au regard gris qui hante ses mauvaises pensées, qui subsiste dans tourments.
« Sans déconner, perspicace la nana. » L'hésitation la prend de toute part la princesse, elle en saignerait presque sa lèvre tant elle mord avec la force de son agacement. Ce démon de minuit, ce fléau des nuits, il est bien l'un des seuls qui réussis à lui conférer cette envie presque dévorante de le gifler à chacune de ses paroles. Il a cette gueule d'ange qu'elle aimerait tant heurter avec la force de sa main pour ponctuer chacun de ses ricanements. Arrogant personnage qui cherche presque désespérément les coups de la brune, qui fait naître en elle cette ire de violence qui ne demande qu'à pouvoir se dévoiler à cette paire de prunelles grises. Elle retire son regard de ce jeu malsain, elle ferme les paupières un instant pour se calmer, pour s'éloigner de cette tension, pour s'échapper à cette envie de le laisser là. Elle la rabaisse sa si grande fierté inviolée. Tu mériterais que je te laisse crever ici, sale type.. Pourtant elle ne disparaît pas dans l'obscurité grisante de la soirée, non elle est toujours là, toujours présente malgré leur inimitié. Elle est désespérément et bêtement humaine la demoiselle.
Les opalescences de l'enfant du soleil l'observe le garçon de la nuit, l'enfant de la lune. Son faciès se tend sous la douleur, sa mâchoire se fait encore plus saillante alors que la souffrance le noie, l'emporte dans son océan maudit. Ça t'apprendra.... Son souffle chargé de whisky la gifle. L'effluve est brûlante et désagréable, elle se glisse sournoisement tel un serpent jusqu’au nez de la brune, jusqu'à le faire se froncer. Jamais elle ne s'y habituera, pas même lorsque c'est sa trachée qu'elle décime avec la force de ces verres empoisonnés, de ces liquides colorés destinés à lui faire tout oublier. Elle est mordante l'ivresse qui s'empare de son comparse, elle le plonge dans cette réalité cotonneuse, elle fait tanguer entre deux mondes, deux univers, deux réalités. Elle est sournoise la douleur qui s'ajoute à l'équation, les cicatrices qui rongent l'intérieur de son enveloppe charnelle viennent brutalement de s'ouvrir. Noah Evans le soleil noir qui hante les journées californiennes n'est plus que cet ombre maculée de sang. Ses maux prennent le pas sur sa volonté de les annihiler, ils écrasent ses dernières défenses, le cavalier noir se plie sous le poids de la douleur, celle qui lui dévore le cœur, le corps et l'esprit. Il n'est plus qu'un loup hurlant désespérément ers la reine de la soirée, vers l'astre argenté, vers sa mère lunaire.
Le liquide carmin se disperse, le flux ne fait que s'agrandir, pressante promesse de tourments à venir bien pires. Le temps s'écoulent bien rapidement, les grains de sables vermeilles se dispersent bien rapidement dans le sablier de sa vie. Pourtant ce n'est pas la panique qui vient prendre possession de ses traits, non c'est sa détermination à l'aider, sa volonté à ne pas le laisser. « Ma caisse est garée sur le parking derrière. » Il accepte le loup solitaire, il leur fait gagner de précieuses minutes l'enfant terrible. Pas une seconde elle ne pense au fait qu'elle déteste conduire, pas un moment l'idée de finalement décliner sa proposition ne germe, ni même celle de simplement le déposer à l'hôpital plus proche. Lentement elle se relève, l'observant un moment avant de souffler. « Je n'habite pas très loin, en attendant compresse ta plaie... » Mais il n'est pas fin le garçon, bien au contraire, il est bien bâtis l'athlète, il est sculpté l'Adonis, certainement bien trop pour qu'elle lui serve d'appuis. Pourtant elle lui tend la main, elle agite le drapeau immaculé, elle lance ce geste bourré d'espoir. Parce que ce soir est un autre soir, parce que ce soir il a besoin d'elle. « Prend ma main Evans. On va aller jusqu'à ta voiture. Ce soir...est un soir de trêve, tu auras tout le loisir de me détester de nouveau demain. Mais avant ça laisse moi m'occuper de toi. » Parce que moi je ne m'en priverais pas en tout cas. Son ton est légèrement autoritaire, elle a ce grain folie la brune qui l'a fait s'adresser à lui d'une telle manière. Lui, Evans, celui que personne, ou très peu de monde n'ose froisser, celui que l'on se refuse à contrarier. Ce roi de la rue habitué à ce que l'on s'incline face à lui, coutumier à ce que l'on courbe l'échine face à lui. Mais elle n'est pas de ces personnes et elle ne le sera jamais. Électron libre, princesse pleine de cette fierté inviolée, reine indomptable. Elle l'aide à se relever, elle l'emmène vers le dit parking, prenant garde à ne pas trop presser le pas, faisant attention à ne pas le blesser avant de s'arrêter face à une série de voiture. « Et laquelle de ces caisses est ton fameux bébé ? Enfant que tu n'es malheureusement pas en état de conduire ce soir tu le sais très bien. » Et une nouvelle fois elle tend la main, mais pour récupérer ses clés cette fois ci, bien consciente que chacun de ses mots vont profondément l'agacer le mauvais garçon.
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MessageSujet: Re: The blackest night • ( noah ) Sam 6 Aoû - 21:16
The blackest night

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Astoria ✧ Noah
La nuit est sombre, la nuit est mienne. La nuit m’entoure, mais je la possède. La nuit me cache dans ses ruelles, la nuit me veille et me surveille. Je suis de ceux qui vivent avec la lune, ceux qui ont fraternisé avec l’obscurité, ceux qui connaissent l’assourdissant silence, et la résonance des soupirs qui font écho entre les murs. Je suis de ceux qui se fient à la troublante pâleur de la lune plutôt qu’à l’éclatante lumière du soleil. Et ce soir encore, la nuit est là pour moi. Elle me berce dans ses bras voluptueux, elle tente d’apaiser ma douleur dans ce dangereux tête à tête avec elle. Dangereux, comme tant d’autres fois, mais attirant, comme la douce lueur d’une lampe pour le vaillant papillon de nuit. Parce que même quand on se brûle les ailes, l’adrénaline nous fait replonger. Se mettre en péril pour se sentir vivant, déluré paradoxe qui fait amèrement partie de mon quotidien.

- Je n'habite pas très loin, en attendant compresse ta plaie...

Commence pas à parler de chez toi. Le plan, c’est juste que tu m’accompagnes à ma caisse. Sans un mot, je fixe tes yeux sombres, tes yeux qui me flinguent à chaque regard. Toi et moi, on s’aime pas. C’est physique, c’est comme ça. Ca fait partie des choses qu’on n’explique pas. Nos âmes sont en constant désaccords, nos rencontres ne sont que confrontations. Et pourtant ce soir, tu me proposes ton aide. Ce soir, tu me vois en position de faiblesse. Mais t’en profites pas. Ma réponse positive te surprend-t-elle autant que je suis surpris de ta main, qui se tend doucement vers moi ? J’ai le cerveau noyé dans du coton, pourtant mon corps me signale qu’il est bien vivant. Vivant, et ouvert. L’estafilade qui décore le bas de mon ventre ne se laisse pas oublier malgré l’ivresse qui me monte à la tête. Enfoiré, il avait une lame. Je te considère de mes prunelles délavées, aussi hésitant que tu devrais l’être. Et pourtant tu sembles sûre de ta décision. Est-ce que tu te fous de ma gueule ? Est-ce que tu fais semblant pour me laisser planté là ?

- Prend ma main Evans. On va aller jusqu'à ta voiture. Ce soir...est un soir de trêve, tu auras tout le loisir de me détester de nouveau demain. Mais avant ça laisse moi m'occuper de toi.

Tes intonations me font gronder intérieurement. T’as pas à me parler comme ça. Je savais bien que t’étais pas subitement devenue un ange plein de bonté. J’ouvre la bouche pour riposter, mais la douleur me tire une grimace et un gémissement que je tente de dissimuler. Et puis merde. Jamais je pourrais atteindre ma caisse sans ton aide. J’avoue, ça m’emmerde de le dire, mais pour le coup, je suis dos au mur. J’estime encore une fois mes chances d’y arriver sans toi, puis face à l’évidence qui se dresse devant moi, je capitule, je balance ma méfiance. Temporairement. Ca me coûte, ma fierté va en prendre un sacré coup, c’est certain. Mais ma main remue lentement, une dernière seconde d’hésitation avant que nos peaux entrent en contact, scellant un pacte muet pour une trêve éphémère.

- C’est bon, on bouge.

Ma voix est froide et lointaine. Comme le souvenir de mon corps de gamin tout endolori. Ca paraît simple, mais je suis bien plus lourd que toi. Tu vas en baver pour me soutenir sur le chemin. Et si jamais t’as le malheur de me faire mal, je te jure, tu vas me le payer. Je retiens mon souffle au moment où mes doigts se referment sur ta main. Je sais que je vais devoir me relever quasiment tout seul, parce que si je tire, soit je t’arrache le bras, soit tu finis par terre avec moi. Alors je serre les dents, et d’une impulsion qui me donne le vertige, je me redresse. Mais aussitôt, je lâche ta main, je me plie en deux, je gueule un coup.

- Merde ! Fait chier bordel !

Renouer le contact physique avec toi s’avère plus compliqué encore que je l’avais imaginé. Je te jette un regard en coin, avant de m’appuyer sur ton épaule. Pas trop fort parce que sinon tu vas t’écrouler sous mon poids. Les premiers pas sont putain de douloureux. J’ai l’impression qu’on m’arrache le bide. Les suivants, je m’habitue peu à peu aux lancements qui imprègnent ma peau, mais ça ne m’empêche pas de grimacer.

Le trajet me semble infiniment long, et je sens que mon t-shirt est imbibé de liquide carmin. Mais on atteint enfin le parking, la délivrance. Enfin, pas encore. Bientôt.

- Et laquelle de ces caisses est ton fameux bébé ? Enfant que tu n'es malheureusement pas en état de conduire ce soir tu le sais très bien.

Mon cerveau n’imprime que la première partie de ta phrase. Je secoue légèrement la tête pour tenter de rassembler mes idées. Où est-ce que je l’ai mise déjà ? Mon regard parcourt les différents véhicules avant de tomber sur le mien. La voilà, tapie dans l’ombre, tel un loup guettant sa proie. Même dans le noir, ses lignes obscures sont brutales, agressives. T’as raison, c’est mon bébé. Je prends soudain conscience de la suite de ta phrase lorsque je remarque ta main, de nouveau tendue vers moi. Quoi ? T’attends pas que je te donne mes clés quand même ? Faut croire que si. Mais ça, c’est hors de question. Personne d’autre que moi ne conduit ma voiture. Encore moins une nana. Et si en plus, la nana en question, c’est toi, c’est une idée que tu peux d’ores et déjà rayer de ton improbable liste.

- Là, tu rêves, Reyes.

Mon arrogance est de retour. Je me dégage de ton étreinte en te jetant un regard mauvais, supportant subitement beaucoup moins notre proximité forcée. Mais le mal revient à la charge et mes jambes tremblent légèrement. Je ne lâche pas l’affaire pour autant et je me dirige en boitillant vers la bête, captivante Mustang Shelby GT500, fruit de mes activités illégales et seule chose de valeur que je possède. Sans vérifier que tu me suis, j’arrive auprès d’elle et j’extrais les clés de ma poche arrière. Le léger « clac » qu’elle produit en se déverrouillant trouble le lourd silence qui nous entoure. J’ouvre la porte. Violente douleur. Gémissement impromptu.

- Bordel de merde !

Je m’assois sur le siège, une main légèrement tremblante plaquée contre mon ventre, serrant les dents. Mon autre main cherche désespérément à viser la serrure avec la clé. Sans succès. Je souffle un coup. Recommence. Cette fois, j’y parviens. Et le bruit familier du moteur qui rugit doucement me fait réaliser la route que je dois parcourir. Ca s’annonce compliqué. Très compliqué, d’autant plus que dès que je bouge mon bras, la blessure s’étire et me déchire le flanc. Dépité, je laisse mon front venir se caler contre le volant au cuir frais. C’était vraiment pas le bon soir pour ce genre de truc. Ma main colle au tissu chaudement humide. De petites paillettes dansent devant mes yeux, alors je décide de les fermer. J’ai les doigts engourdis. C’est à ce moment précis que je me rends compte que j’ai effectivement besoin de toi. Je relève les yeux, te cherche du regard. Ouais, on s’aime pas, mais ce soir, va falloir faire avec. Ce soir n’est pas un soir comme les autres.



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MessageSujet: Re: The blackest night • ( noah ) Dim 7 Aoû - 22:17


   
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D
eux antagonistes d’une même histoire, deux ennemis d’un même récit qui se toisent. Elle est ancienne la discorde qui séparent les deux enfants de la nuit, elle est vieille cette inimitié qui les lie bien malgré eux. Leurs âmes se révulsent, leurs cœurs ne battent pas à l’unisson, leurs colères grondent. Non, ils ne s’aiment pas, ils ne s’apprécient pas, ils ne se côtoient pas, ils se haïssent juste et c’est certainement bien mieux ainsi. Elles s’affrontent leurs opalescences, elles se mènent un combat mortel leurs prunelles.Elle a les yeux sombre, aussi obscurs que les tréfonds des enfers, la princesse du paradis. Elle a cette paire de prunelles brûlantes, cette paire venue des terres de feu, cette paire véritable bain d’émotions diverses qui vous prend aux tripes. Puis il y a celles de son comparse, elles sont aussi pures que l’Éden, elles sont sur le faciès parfait de ce roi du royaume des morts. Ce tandem glaçant, ce tandem que l’on croirait venu des contrées enneigées, ce tandem qui fait battre votre cœur plus fort, qui contrôle vos émotions, qui vous marque à jamais. Il est oppressant ce silence qui se glisse entre eux, il est angoissant ce silence qui plane entre leurs silhouettes. On entend plus rien, il n’y a plus que leurs souffles qui se perdent dans le néant, il n’y a plus que leurs cœurs qui cognent, il n’y a plus que leurs fiertés qui se brisent, qui s’éclatent, qui se taisent. Il n’y a plus que cette main qui se lève, qui se tend, qui cherche celle déjà tendue. Il n’y a plus que cet accord qui se noie dans l’obscurité de la nuit, cette entente glissante dont les étoiles seront les seules témoins, alliance scellé par le halo argenté de la scintillante lune. Elle y croit à peine l’étoile perdue sur la planète bleue, elle pense rêver la comète égarée.

« C’est bon on bouge. »

Palabres cinglantes qui s’échappent des lippes du prince de la rue, échos glaçant qui résonne dans l’étroite ruelle baignant dans cette obscurité menaçante. Le colosse qui affronte la fragile poupée, elle tente de le hisser, elle tente de le mettre sur ses pieds la belle. Bien maigre contribution, légère force de la fée s’ajoutant à celle du titan. Le prix de l’effort se mesure dans la douleur qu’il ressent, dans la force de son cri qui se répand dans la pénombre. Il souffre, il a mal, véritable roc dévoilant ses fissures malgré lui, jamais elle ne l’a vu si touché le garçon. Mais elle ne fuit pas la belle, elle ne panique pas Astoria, non au contraire elle s’approche, elle affiche le visage le plus dénué d’expression possible. Pourtant la panique s’insinue doucement en elle, vicieuse et perverse à l’instar du noble serpent. Comment rester de marbre face à cet homme qui perd son si précieux liquide carmin ? Comment ne pas penser au plus mal quand chaque souffle qu’il expire annonce le pire ? Mais elle n’en montre rien la brune, petite guerrière qui se cache derrière une myriade d’apparences, des épreuves elle en a connue, elle en a vécue, ses cicatrices sont gravés par millier à l’intérieur de son être. Leurs peaux qui se frôlent, leurs corps qui se mêleraient presque alors que précautionneusement ils avancent vers les voitures, pour la première fois la reine de cœur et le roi de pique avancent dans la même direction. La belle devient pilier, frêle colonne vertébrale qui supporte le prince déchu, qui l’emmène vers le parking. Elle les compte les pas, elle est d’une infini douceur celle qui n’a pour lui que cette violente amertume. Elle ne l’aime pas, pourtant elle est là, prête à prendre soin de lui, prête à l’aider, sans rien avoir en échange, parce qu’elle est comme ça, parce qu’elle ne changera pas.

« Là, tu rêves, Reyes. »

Un sourcil qui se hausse, un faciès qui se teinte par l’agacement, elle en lèverait les yeux au ciel la brune alors que déjà l’électron libre s’échappe vers sa voiture. Une bagnole à son image, obscure, clinquante sans trop l’être et renvoyant cet aura diablement masculine. Elle croise les bras et l’observe, bête blessée, bête ayant retrouvée sa fierté, bête que la chasseresse toise avec un amusement tinté d’inquiétude. Elle se moque la mexicaine, elle attend que l’ampleur de son arrogance lui éclate au visage, elle n’attend qu’une chose pouvoir le faire taire lui et ses mauvaises manières. Connard.Alors elle reste en retrait, attentive, masquant son anxiété qui jamais n’aurait dû voir le jour. La nuit ne cesse de s’assombrir, chacune minutes ajoutant un voile d’angoisse et de peur dans l’atmosphère, chaque seconde voyant couler de nouvelles gouttes de ce sang sacré dans le sablier.

« Bordel de merde. »

Soupire d’agacement de la jeune femme qui se mêle au gémissement de douleur du blessé. Orgueil qui se cogne à la plaie ensanglantée, cruelle dilemme qui le torture alors qu’il prend place dans son si précieux jouet. Elle pourrait tout simplement le laisser ça, le laisser se vider de son sang dans ce parking lugubre, le laisser gémir de souffrance dans sa chère voiture. Tu m’agaces Evans, si tu savais comme je tu m’agaces.Comme si elle était seulement capable de le laisser… Alors elle s’avance, de son pas léger, si pressé, ses pieds foulant le pavé alors que son regard croise de nouveau le sien. Connexion qui ne dure que quelques secondes, assez de temps pour qu’elle soit transpercée de toute part par la puissance de cet argent glacé et fatigué, assez de temps pour qu’elle ne reprenne ses esprits et n’ouvre la portière s’abaissant à sa hauteur.

« Evans ? Eh… Je suis là d’accord. »

Douceur qu’il n’a jamais connu après d’elle, la démone s’adoucit, la femme de feu laisse ses flammes s’éteindre alors qu’elle soulève légèrement le tee shirt pour vérifier l’état de blessure, une légère grimace déformant son visage. Elle n’est pas celle qu’il aurait voulu ce soir, il n’est pas celui qu’elle aurait aimé avoir aidé. Pourtant ce soir, pourtant cette nuit, ils sont toutes les deux, instants marquant, moment qui les lie tout les deux pour toujours. Durant cette soirée ils ne sont plus que tout les deux. Doucement elle rabat le tissu de son tee shirt en prenant soin de ne pas frotter la plaie, de ne pas l’irriter plus qu’elle ne l’est déjà. Ses doigts légèrement tachés elle les essuie négligemment sur son son haut. C’est pas genre de surveiller son apparence durant chaque instant de son existence, c’est pas son genre de geindre devant du sang, c’est pas son genre de glousser devant le premier beau mec qui pose son regard sur elle. Non elle est pas comme ça, cruellement différente des autres, une anomalie qui traîne sa carcasse fatiguée dans la ville. J’espère qu’une merde ne traîne pas dans ton sang Evans sinon je te fais la peau...

« On va chez moi c’est à côté… Et arrête de vouloir me contredire, penses un peu à ta plaie… C’est la priorité d’accord ? »

Le contact coupé on entend plus rien, plus rien à part les lents gestes de la brune, vérifiant si aucune autres blessures ne se cachent, si aucun autre maux ne lui dévorent le corps. Elle est préoccupé la reine de la nuit, elle est consciencieuse et méthodique la gamine, même avec lui, même avec cet insupportable Noah Evans. Même avec ses tracés ancrés dans son derme dont elle entrevoit quelque contours, chaque parcelles de son être gravées par un morceau de son histoire. Il l’intrigue, il l’a toujours intrigué et insupporté à la fois, homme des mystères, homme des secrets, homme qui cache bien plus que ce qu’il ne le dit. Mais qui es tu Noah Evans?

« On ne s’aime pas peut être mais ce soir je veux simplement t’aider. Je te promets que je n’abîmerais pas ton bébé, histoire que tu ne me refasses pas le portrait quand tu seras rétablis. Et puis plus tu attends, plus tu risques de tâcher ta voiture avec ton sang, je dis ça, je dis rien... »

Pacte secret, alliance lunaire de deux ennemis sous les yeux brillants des comètes brûlantes.
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MessageSujet: Re: The blackest night • ( noah ) Lun 15 Aoû - 20:03
The blackest night

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Astoria ✧ Noah
Malgré ton apparence volontairement dure, je sais que la vue de cette tâche sombre légèrement scintillante sur le bas de mon t-shirt ne te rassure pas. L’expression dans tes yeux en dit long. Surtout que maintenant que t’as décidé de m’aider, s’il m’arrive quelque chose, tu t’en sentiras responsable. Même si j’ai la tête calée contre le volant, je sens ton regard peser sur moi. Et quand je la relève pour marquer une nouvelle fois la trêve entre toi et moi, je te trouve bras croisés, plantée un peu plus loin. Oh, je sais que je t’agace. Je te tape carrément sur les nerfs. Mais je sais aussi que tu me laisseras pas là. Parce qu’à mon avis, si tu traînais par là à cette heure, c’est pas par hasard. Tu cherchais un moyen de rentrer chez toi. Et tu l’as trouvé on dirait bien. Dommage, c’est pas celui que tu espérais, c’est évident. Mais c’est tout ce que t’as. Je suis tout ce que t’as. Et par la force des choses, t’es tout ce que j’ai. Juste pour ce soir. Leurre qui s’évanouira dès que le précieux liquide vermeil aura cesser de couler.

Tu t’approches, ton corps bouge rapidement, et d’ici, je sens la pression qui t’anime, ton rythme cardiaque qui fait pulser le sang plus fort dans tes veines. Qui est le chasseur ? Qui est la proie ? C’est un dangereux tête à tête nocturne qui se prépare. Qui sait lequel d’entre nous en sortira vainqueur. Près de la voiture, tu ouvres la porte que j’avais soigneusement claqué derrière moi, te mets à ma hauteur. Je tourne mon regard d’acier vers toi, te toise, la mâchoire serrée à la fois par la douleur et la haine que tu m’inspires.

- Evans ? Eh… Je suis là d’accord.

Etrangement, ta voix est douce, calme. Quelque chose que je n’ai jamais connu de ta part. Quelque chose que je n’ai jamais cherché. Quelque chose dont je n’avais rien à foutre. Je continue de te fixer, sans un mot, mes iris claires noircies par la méfiance. Le silence est parfois tellement plus éloquent que n’importe quelle parole. Et de toute façon, que répondre à tes paroles qui se veulent rassurantes quand entre nous c’est le mépris qui mène habituellement la danse ?

Ta main s’approche une nouvelle fois de moi, je me contracte instinctivement. A raison. Tu soulèves mon t-shirt, et lorsque le tissu effleure ma peau entaillée, la douleur m’assaille à nouveau. Je grimace et te jette un regard noir. Comme si t’étais obligée de faire ça. Malgré tout, et surtout parce que je plane dans les méandres de l’agonie, je te laisse faire sans broncher. Toi aussi tu grimaces. Ca ne doit pas être très beau à voir là-dessous. Et contrairement à toi, je n’ai pas besoin d’y jeter un coup d’oeil pour le savoir. Ta vérification est faite. Tes doigts, eux, sont tâchés d’une part de moi. Comme si cette idée te dérangeait davantage que le seul fait d’avoir du sang sur tes mains, c’est sur ton haut que tu essuies négligemment ce qui nous rapproche rien que pour cette nuit. Parce que c’est mon sang, c’est ce qui se mêle à l’ambre alcoolisé qui coule dans mes veines, c’est ce qui me maintient en vie. C’est moi, mon passé, mes vices. Et je vois à travers tes obscures prunelles que c’est pour toi un poison des plus toxiques. Je renifle, réflexe purement dédaigneux. J’en ai rien à branler que ça te gêne. Fallait pas te ramener. Fallait pas commencer à me parler, à vouloir m’aider. Ni mettre tes mains sur moi. Pourquoi t’es là d’ailleurs ? Pourquoi tu te barres pas ? D’habitude, tu joues les princesses téméraires et indépendantes, les femmes fortes, indémontables, mais ce soir, ce soir c’est différent. Loin du monde, avec le halo pâle de la lune comme seul témoin, c’est sous un autre jour que tu te montres.

- On va chez moi c’est à côté… Et arrête de vouloir me contredire, penses un peu à ta plaie… C’est la priorité d’accord ? 
- J’fais c’que j’veux, Reyes.

Ma voix est rauque, mon accent typé australien ressort excessivement dans ces quelques mots destinés à remettre les choses à leur place. Mais l’agressivité s’est légèrement calmée. La fatigue commence à lentement prendre le dessus, pour ne pas dire la faiblesse. Perdre du sang épuise mon corps, lutter contre la douleur tétanise mon cerveau. Alors, je te laisse inspecter mon corps, à contrecoeur. Mes mains, mes bras, mon visage. Et je sens ton regard papillonner sur les lignes sombres de ma peau, celles-là même qui constituent une énigme pour le monde entier. C’est un contrat silencieux qui se noue entre toi et moi. Un accord tacite, dont les clauses sont simples : une fois que tout sera rentré dans l’ordre, on oublie. Cette soirée n’aura jamais eu lieu. On aura coopéré le temps de quelques minutes nocturnes, et ça s’arrêtera là.

- On ne s’aime pas peut être mais ce soir je veux simplement t’aider. Je te promets que je n’abîmerais pas ton bébé, histoire que tu ne me refasses pas le portrait quand tu seras rétablis. Et puis plus tu attends, plus tu risques de tâcher ta voiture avec ton sang, je dis ça, je dis rien…

Je secoue la tête un peu trop violemment, le monde tangue, ma blessure me poignarde. Mais je m’en fous. Pas question que tu touches à MA caisse. L’énervement remonte dans mes veines et fait pulser la douleur plus fort encore. Putain, j’te hais Reyes. J’te hais. Si on est d’accord sur une chose, c’est bien sur le fait qu’on s’aime pas. Nos âmes s’entrechoquent en permanence, c’est Lucifer en personne qui donne le rythme à chacune de nos altercations. Chaque face à face est teinté de dynamite, bourré d’animosité, dopé aux sarcasmes qu’on s’envoie dans la gueule sans l’ombre d’une once de remords.

- J’suis blessé, Reyes. Pas con. Et j’suis encore moins devenu gentil.

D’un geste plus doux de la tête, plus doux, juste pour pas m’écorcher plus profondément encore, je te désigne la place à ma droite.

- Monte. Tu me guideras.

Ces mots m’arrachent la gorge, j’avoue. Ca m’emmerde de devoir m’en remettre à toi pour quelque chose que je maîtrise excessivement bien. La vitesse, c’est une de mes grandes passions. Une nécessité parfois aussi, quand on traîne dans des trucs pas très nets. J’aime la sensation de glisser hors du temps, de transcender mon univers pour me sentir plus vivant que jamais, quand le reste autour devient flou, à part l’horizon. Quand les battements de mon coeur s’accélèrent mais qu’ils se confondent avec les pulsations qui s’échappent des enceintes. Me sentir plus high que si je prenais n’importe laquelle de ces conneries de drogues. Mais de toute façon, j’ai pas la moindre idée d’où tu vis. Et quoi qu’il arrive, tu toucheras pas à ma Mustang. Que les choses soient claires, que tu poses ton cul dans ma caisse me fout déjà les nerfs. Forcés de coopérer, une fois de plus. Je te défie des mes prunelles glacées où la flamme lutte pour ne pas s’éteindre. Tu vas te plier à ce que je te dis de faire. Parce que si j’ai pas le choix ce soir, toi non plus tu l’as pas. Et je doute très fortement que tu tiennes à rester seule dans ce trou à rats.

Je me tourne de nouveau face au volant, et sans attacher ma ceinture parce que je sais déjà qu’elle fera davantage pression sur ma plaie qu’elle ne sera utile, je mets le contact. Le rugissement du moteur fait écho dans le menaçant silence des ruelles. En attendant que tu t’installes, mon pied gauche presse très lentement la pédale d’embrayage. Je retiens mon souffle lorsque je sens mon abdomen se contracter, je serre les dents pour poser ma main sur le levier de vitesse. Bouger mon bras droit s’avère plus compliqué que prévu. Heureusement qu’à cette heure-là, les routes sont presque désertes, parce qu’à mon avis, je ne vais pas rouler très droit. Dans l’obscurité quasi totale, je te toise, le visage aussi fermé qu’Alcatraz. N’oublies pas, c’est juste une trêve. Ephémère comme une pluie au milieu du désert.



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MessageSujet: Re: The blackest night • ( noah ) Sam 20 Aoû - 0:37



Noah & Astoria
The blackest night

M
onde qui tangue, monde qui tremble, monde qui change. Damné égarés dans la nuitée des dangers, âmes condamné à errer dans cette soirée gâchée. Petite poupée au teint halé qui observe ce prince de la nuit, ce noble venant de cette noblesse désargentée, ce mauvais garçon qui traînent ses plaies, qui dévoile ses cicatrices sans jamais narrer leur histoire. Loup égaré hurlant sa rage à sa mère l'astre lunaire. Opalescence charbonneuse qui se glissent sur les traits du garçon, qui décrivent ce camaïeu d'émotion, cette harmonie de gris tirant vers le noir sans jamais s'approcher de la pureté maladive du blanc. Elle se noie dans ses prunelles brillant de ce bleu délavé, de cet azur fatigué, de ce saphir usé. Colère exterminatrice qui explose contre la douleur qui le ravage, telle une vague qui se déchire sur la falaise des dangers. Cœurs qui battent dans une même harmonie destructrice, cœurs qui s'accordent sur une même fréquence dévastatrice.
C'est violent cette sensation, c'est dévorant cette brûlure qui rapidement s'insinue dans ses veines, qui fait s'agiter son sang, qui consume son liquide vermeille. Rage sourde, fureur muette. Elle le hait. De toute ses forces elle le hait. De toute son âme elle le hait. Ça fait mal comme elle le hait. C'est presque beau comme elle le hait. Haine véritable qui s'est créé des le premier regard, haine qui ne s'est jamais tari, haine qui n'a jamais rien fais d'autre que grandir. Sentiment dérangeant, émotion puissante, mal intarissable. Ce soir encore il l'énerve, chaque palabres soufflées, chaque regard glacés, chaque gestes déplacés lui donne cette envie irrépressible de le frapper, d'écraser son poing sur son faciès dominé par sa divine arrogance. Effacer cet orgueil qui règne en maître sur ses traits d'un simple geste de la main. Mais les poignards empoisonnés inlassablement s'enfoncent dans ses plaies, elles dansent les lames damnées, pour lui rappeler à quel point il a déraillé, pour la venger de son agressivité. «  J’suis blessé, Reyes. Pas con. Et j’suis encore moins devenu gentil. » Les mots se coincent dans sa gorge, les palabres se bloquent entre ses lippes alors que la noirceur de son regard n'a pas d'équivalent. Cœur qui s'emballe dans une harmonie désaccordée face à l'horrible personnage, face à ce mauvais garçon à la langue pleine de venin, face à cet homme qu'elle giflerait bien pour son impudence. Il a toujours été ainsi, un royal emmerdeur, le roi de glace, l'empereur des ténèbres, le chef des enfers, résurrections d'Hadès faisant face à sa Perséphone tremblante de colère. « Si tu n'étais pas con, tu ne conduirais pas et tu arrêterais de t'agiter comme un damné alors que tu es blessé. Alors si tu es con Evans, le roi des cons ! » Elle pourrait s'enfuir la gamine, s'envoler loin de tout ces problèmes teintés de sang, simplement entraver la vie nocturne de la ville. Qu'il serait simple pour la poupée de le laisser baigner dans son sang, l'abandonner avec pour seule compagnie, ses sarcasmes. Elle le ferait taire par son simple départ, elle laisserait à sa brûlante ironie, à sa si grande gentillesse le soin de penser ses plaies. Elle ferait simplement payer sa si forte tendance à l'agacer. « Monte. Tu me guideras. » Pourtant son cœur demeure, jamais elle ne pourrait le laisser, l'abandonner à son sort et laisser ce traître de destin décider. Malgré ses soupires qui fendent l'air, malgré son exaspération qui secoue sa cage thoracique, elle reste. Divine silhouette qui contourne le fauve rugissant, pour se glisser à l'intérieur de l'habitacle.
Inconsciente gamine qui se glisse dans le piège, qui suit son antique ennemi dans les fourberies de la nuit. Reine des choix stupides et des décisions impulsives. Elle choisit d'aider l'adversaire, elle choisit le confort plein d'insécurité de sa voiture. Elle fuit la Mustang, elle s'échappe dans la nuit la plus noire, elle défie la vie. Rapidité qui fend l'air, vitesse qui en ferait trembler les mégères de la cité ensoleillé. Elle l'observe Astoria, elle se perd dans ses traits la mexicaine. Physique de l'Adonis qui se lie au comportement de Lucifer, mélange détonnant qui la font le détester. Sourire masquant les pires vices, caractère qui l'énerve, qui la met dans tout ses états. Mais aujourd'hui le roi de sa haine est tombé, aujourd'hui il est blessé. Elle le laisse se concentrer sur la route, rues plus sombres les uns que les autres, plus ou moins animées d'un endroit à l'autre. Souffle qui lui murmure les indications, qui le laisse conduire, mener la danse volant en main malgré le mal qui le gagne. « Concentre toi sur la route, allez on y est presque Evans. Tu ne voudrais pas que l'on décède tout les deux ? Roméo et Juliette c'est démodé, puis se sont les familles qui se détestent pas les amants. » Regard qui fuit jusqu'à sa plaie, opalescences qui se concentrent sur le flux ensanglanté, tellement menaçant, taches vermeilles qui la font s'inquiéter. C'est pas normal de ressentir ça, c'est pas normal de vouloir l'aider après tout ce qu'il a toujours démontrer, après tout ce ressentiment qu'il lui a toujours offert sur un plateau empoisonné. Pourtant elle le fait, pourtant ce soir elle se tait, pourtant cette nuit c'est simplement et lui. Mais elle se réveille la princesse maudite, réveil brusque, réveil obscur lorsque la voiture fait un violent écart, lorsqu'elle manque de les tuer tout les deux. Étrange geste qui l'anime lorsque sa main se glisse sur son bras, lorsque la douceur de sa paume se referme sur le bras musclé du garçon, geste apaisant presque tendre. Mouvement surprenant qui la brûlerait presque, contact qui résonne dans son être comme un véritable choc électrique, qui la fait trembler, qui l'anime comme jamais. Mais elle ne montre rien, elle ne laisse rien transparaître et ce n'est pas ce cocktail de peur mélangé à la hargne qui s'échappe d'entre ses lippes, non bien au contraire. « Eh Evans me lâche maintenant, on a encore des années pour se détester, aller je sais que tu peux le faire, c'est juste à deux rues. » Murmure apaisant qui se glisse à son oreille, chuchotement qui fend le silence de l'habitacle pour le calmer, pour le faire tenir encore un peu. Sa main ne bouge pas, alors que les derniers mètres sont écrasés sous les pneus de la voiture alors que la voiture s'arrête enfin devant l'immeuble. Elle retombe lourdement sur son siège alors que la course folle prend enfin fin, yeux qui se referment simplement quelques secondes, prunelles qui succombent sous le soulagement alors qu'elle glisse dans un soupire. « Je savais que tu pouvais le faire. » Elle lui fait confiance, elle a mit sa vie entre ses mains blessées, à lui a confié son être. Étrangeté de cette nuit qui continue de l'étonner, qui continue de la surprendre mais qui est bien loin d'être terminé, qui n'a pas encore révélé tout ses secrets. La brune sort, s'extirpe de l'engin infernal avant d'avancer, sans regarder s'il la suit, se glissant dans l'immeuble jusqu'à l’ascenseur. Machine de fer qui les enferme tout les deux, cabine argenté qui les entraîne dans les airs, qui les fait planer alors que les prunelles se mènent un ultime combat. « Si on m'avait dit un jour que je te traînerais chez moi en pleine nuit... » La reine blanche face au roi noir, la partie est engagé, l'échec et mat pourra être annoncé.
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MessageSujet: Re: The blackest night • ( noah ) Dim 4 Sep - 16:22
The blackest night

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Astoria ✧ Noah
Condamnés à s’entraider. A se donner la main alors que le moindre contact nous brûle habituellement. A devoir avancer dans la même direction quand on ne cherche qu’à ne jamais se croiser. Comment deux électrons libres peuvent-ils évoluer dans la même bulle sans se bouffer l’un l’autre ? Mon regard d’acier, aussi tranchant qu’un poignard, te transperce lentement. Loup solitaire contre lionne farouche. La virilité brutale, la féminité indomptable. Le choc des titans.

- Si tu n'étais pas con, tu ne conduirais pas et tu arrêterais de t'agiter comme un damné alors que tu es blessé. Alors si tu es con Evans, le roi des cons !
- J’t’emmerde.

Ouais, t’es gavée. Tu soupires, je t’agace. Je suis peut-être le roi des cons, mais tu plies, tu montes dans la voiture. Tu obtempères. On coopère. Mais les minutes défilent, les secondes s’écoulent dans ma clepsydre vermeille. On devrait le prendre, le temps. Mais on ne peut pas. On ne peut pas prendre le temps d’expliciter notre accord muet, de poser des règles. D’apprendre à nous accorder. On doit improviser. J’ai fait ça toute ma vie, improviser. Pourtant ça me semble subitement étranger. Inconfortable aussi, d’être en cohésion avec toi. D’habitude, notre seule et unique même longueur d’ondes se situe quelque part entre la haine brute et le dédain profond. Aujourd’hui, c’est ma ligne de vie qui nous maintient liés. Ce sont les battements de mon coeur qui chronomètrent le temps qui nous est compté. Une question traverse mon esprit un quart de seconde. Chez toi ? Tu vas savoir gérer le ruissellement qui innonde de plus en plus mon tshirt ? Chassez le naturel, il revient au galop, me revoilà à douter de toi. Pourquoi j’te fais confiance ? Pourquoi j’te confie ma vie putain ?

Parce que t’es la seule dans les parages. La seule, au bon moment. J’ai l’impression que je pourrais te faire confiance, mais je sais pas, ça doit être l’alcool. Ou la douleur. Un goût métallique envahit ma bouche quand je mords ma joue sous le coup d’une nuée d’aiguilles dans le bas de mon ventre. Sans attendre que tu mettes ta ceinture, que tu me dises que t’es prête, je démarre en trombe, explosant le silence nocturne du rugissement brutal de la bête.

Je sens ton regard qui s’égare sur moi, sans un mot, comme si tu me découvrais pour la première fois. Tu détailles mes traits, que tu n’as jamais pris le temps d’observer. Comme je n’ai jamais pris le temps d’observer les tiens. On est en permanence dans ce rush plein d’inimitié. Sur l’autoroute de la haine, on a toujours filé à 300 à l’heure. Mais prisonniers de l’habitacle, ton intérêt pour moi s’aiguise. Ni toi ni moi n’ouvrons la bouche. Je ne saurai dire si c’est à cause du malaise qu’on partage d’être dans cette situation inédite, ou si c’est juste l’habitude de ne rien avoir à se dire d’autre que se cracher notre venin. De temps à autre, tu murmures les indications que je dois suivre. Et c’est sans broncher que je t’écoute. Je grimace dans les virages, à chaque changement de vitesse. La douleur pulse dans mon abdomen, faisant tourner le compteur de ma vie.

- Concentre toi sur la route, allez on y est presque Evans. Tu ne voudrais pas que l'on décède tout les deux ? Roméo et Juliette c'est démodé, puis se sont les familles qui se détestent pas les amants.

Expression de surprise qui passe sur mon visage. Parce que tu m’encourages, tu fais de l’humour. Tu nous compares à Roméo et Juliette. Un rapide coup d’oeil dans ta direction. Tes yeux sombres rivés vers mon torse. Ton air préoccupé. Astoria Reyes, inquiète pour Noah Evans ? Même dans un autre monde ça semble invraisemblable.

Coup de poignard dans le ventre, violente embardée manquant de nous envoyer dans le fossé. Un drôle de sentiment me prend les tripes alors que, le souffle court, c’est ton regard que je croise. Sensation étrange qui s’insinue dans mes veines. Moi je suis déjà blessé. Mais je crois que je m’en serais voulu de te faire du mal de cette façon. Probablement parce que ce soir, tu me tends la main malgré tout ce qu’on a pu se dire. Rien que d’y penser, je trouve ça bizarre. C’est tellement inhabituel. Toi comme moi, on n’est pas à l’aise dans cette situation. On essaye juste de s’y adapter maladroitement, de composer l’un avec l’autre.

- Eh Evans me lâche maintenant, on a encore des années pour se détester, aller je sais que tu peux le faire, c'est juste à deux rues.

Un vilain sourire vient balafrer mes lèvres. Après cette nuit, ouais, tout redeviendra comme avant. Les mêmes insultes, la même rancoeur qui nous divisera dans l’union haineuse qui nous transporte habituellement. D’ici quelques minutes même. Dès que j’aurais été soigné. Ta main se referme sur mon biceps, mon esprit s’embrume de plus en plus, mais je m’y accroche, à cette brûlure amère sur mon bras. Je m’y maintiens comme la bouée qui nous sortira tous les deux de ces flots agités. Encore une fois, je ne bronche pas. Je ne te repousse pas. Mon muscle se contracte légèrement au contact de ta peau sur la mienne. Je souffle lentement. Les derniers mètres se font de nouveau dans le quasi silence et je finis par me garer en douceur face à l’immeuble où tu vis. Cette soirée semble irréelle putain.

- Je savais que tu pouvais le faire.
- Evidemment que j’pouvais, j’suis un vrai pilote.

Je secoue doucement la tête, me sentant légèrement agacé. Mais plus par habitude chaque fois que tu ouvres la bouche. Parce que tu viens de révéler à voix haute que tu me faisais confiance. Que t’as cru en moi. Parce que même si c’est mon sang qui s’écoule, si j’ai besoin de ton aide, ta vie était remise entre mes mains pendant le trajet. Décidément, cette nuit nous force à nous allier encore plus que prévu. Tu sors de la Mustang, et c’est sans te préoccuper de moi que tu t’enfonces dans l’obscurité des lieux qui nous font face. J’ouvre la porte à mon tour, je crache de dédain. Maintenant que t’as les deux pieds sur terre, que tu flippes plus pour ta vie, ton soutien a vite disparu. Maintenant qu’on est en terrain connu pour toi, tu reprends tes manies de nana indépendante. Mais j’en ai rien à foutre. Dès que tu m’auras un peu arrangé, je me casserai d’ici. On oubliera tout ça. Et on sera quittes.

Les portes de l’ascenseur se referment derrière moi, je m’appuie dos à la paroi, légèrement plié pour ne pas tirer sur la plaie. Nous voilà de nouveau prisonniers dans le même espace clos. La proximité de ton corps me dérange. Elle parasite mes sens, les entoure de cette habituelle haine venimeuse.

- Si on m'avait dit un jour que je te traînerais chez moi en pleine nuit…
- Si on m’avait dit un jour que j’te laisserais poser tes sales pattes sur moi.

Les portes s’ouvrent, et malgré les étoiles qui dansent devant mes yeux, je m’engouffre dans le couloir avant toi, te jetant un regard mauvais au passage. Je ne sais pas où tu habites, mais qu’importe. C’était histoire de te passer devant. Je me cale de nouveau contre le mur, tu continues ton chemin et tu ouvres une porte sur ma droite. Je me traîne pour te rejoindre, espérant ne pas tâcher le sol de gouttes carmin qui pourraient éveiller les soupçons. Je ne prête guère attention à l’intérieur, à peine entré, la porte refermée, je me laisse glisser au sol contre celle-ci. Le monde vacille sous mes yeux. Je plaque mes mains sur mon ventre, sens la sueur perler sur mon front. Ta main se pose à nouveau sur mon bras, et dans un dernier effort, je me relève, l’esprit complètement flou, pour te suivre en titubant jusqu’à la salle de bains. Je m’assieds sur le bord de la baignoire en silence, incapable d’aligner trois mots, et bataille pour retirer mon t-shirt, dévoilant sous ton regard, à la fois ces lignes sombres et mystérieuses, et cette entaille carmin, exposée pour la première fois à la lumière. Pour la première fois, comme mon corps. Jamais nous n’avions été aussi proches. Aussi liés. Etrange atmosphère. Nouveaux compromis. Nouvelles règles se mêlant aux anciens réflexes. La froideur de mon regard te brûle sans hésitation. Si jamais tu déconnes, si jamais tu me fais mal, tu vas me le payer, Reyes.



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MessageSujet: Re: The blackest night • ( noah ) Dim 18 Sep - 13:37



Noah & Astoria
The blackest night

L
a vérité c’est qu’elle le hait. De tout son être elle le hait, de toutes ses forces elle le hait. C’est vivace, c’est puissant, c’est le genre de colère dévastatrice, qui annihile tout sentiments positifs, le genre qui détruit les champs de bataille, qui fait plier des armées. Depuis qu’elle le connaît c’est ainsi, depuis qu’elle a posé les yeux sur sa moue arrogante, sur son sourire en coin qu’elle voudrait faire disparaître en un gifle. Depuis qu’elle a entendu son timbre grave et gravement agaçant, depuis que ces mots, cascade de moqueries et de sarcasmes, ont égratignés sa fierté. Cette guerre n’est qu’une simple question d’orgueil, c’est à celui qui pliera le premier, celui qui finira par rendre les armes pour offrir la victoire à son adversaire. Mais ils sont tenaces les deux, ils aiment bien trop gagner pour laisser leur ennemi l’emporter.
Mais ce soir est un soir de trêve, petite bulle hors du temps, petit moment de paix entrecoupé par leur haine habituelle, qui ne peut que s’immiscer pour rendre l’instant moins pénible, moins anormal, moins étrange. Petite brune qui ne se sent pas à sa place dans ce monde où les sentiments contraire s’entrechoque, univers où le bien rencontre le mal, où le blanc se mélange au noir, où le mépris s’incline face à la considération.
« Si on m’avait dit un jour que j’te laisserais poser tes sales pattes sur moi. » Acidité qui ronge le silence, mots incisifs qui scarifient le semblant d’apaisement. Roi des tourments qui reste fidèle à lui même, qui ne quitte pas sa haute stature même lorsque la faiblesse l’atteint, même lorsque le mal le ronge, qu’il fait s’échapper son si précieux liquide vermeille hors de ses veines, que son fluide sacré colore son derme. Empereur au trône éclaté par ces marques ensanglantés qui ne partiront plus jamais, fierté entachée pour l’éternité par cette soirée de damnés.
Cinq étages et une véritable éternité qui s’écoule, les secondes s’égrainent dans le sablier, semblable à des heures qui défilent dans la lenteur. Cinq étages à devoir supporter ces opalescences, océan de cette haine déchaînée, océan de venin qui brûle la rétine de la brune, océan qui la noie dans ses vagues de fureur. Cinq étages à étouffer face à se flot de sentiments dérangeants, à ne plus sentir que son odeur oppressante qui s’immisce jusqu’à elle. Cinq étages à se maudire d’avoir accepter de l’aider, de l’avoir simplement croisé, à maudire cet ascenseur de tant traîner. Puis cette libération, cette sonorité qui s’élève pour lui permettre de s’échapper, de partir de cette cage oppressante qui menaçait de la faire imploser. Une dernière marque de son animosité et il s’enfuit, il part le premier pour reprendre la main, par simple fierté mal placée. Jeu qui rythmera certainement la soirée, douceur d’une main qui se tend pour aider et regard muré dans la fureur habituelle, balance que l’on tente d’équilibrer pour ne jamais oublier qu’ils seront ennemis pour l’éternité. Parce que demain les mains cesseront d’être liées, qu’elles se sépareront dans un accord muet et que la simple haine perdura à tout jamais. Comme si cette soirée n’avait jamais existé, comme si cette nuit noire, plus noire que toutes les autres, n’était qu’un vague délire inventé, le fruit de leur imagination embrumée.
Léger tremblement presque imperceptible, léger tressaillement qu’elle masque lorsque la clé peine à entrer dans la serrure. En ouvrant la porte elle rend la chose plus concrète, elle lui ouvre son monde, elle lui offre une part d’elle, elle se rend faible d’une certaine manière. Mais la lionne n’est pas la hyène, la lionne secoure le lion blessé. Elle avance en terrain conquis, ils sont sur son territoire, dans son antre, même s’il s’en sert contre elle par la suite ce soir c’est elle qui a l’avantage, c’est lui qui est pris au piège et affaiblis par ses propres idioties. C’est la déchéance du roi, qui lentement glisse contre sa porte, qui tombe face à elle, spectacle auquel jamais elle n’aurait crû assister. Et ce n’est pas le rire qui vient perler ses lèvres, ce n’est pas le contentement qui se glisse sur son visage, non c’est l’inquiétude qui serre ses tripes, c’est l’angoisse qui comprime son cœur. Organe blessé qui ne répond qu’à la douleur. Main qui se glisse sur son bras, aide factice, jamais elle ne pourra le relever, mais preuve de sa présence, preuve qu’elle est là tout près de lui et qu’elle ne le laissera pas tomber, pas ce soir en tout cas. « Allez viens… »
Silence pesant, mots qui se coincent dans sa gorge, elle ne sait quoi dire, alors elle laisse le mutisme envahir la salle d’eau. Corps qui se dévoile, apollon tâché par le liquide carmin, muscles souillés par son propre sang. Spectacle sanglant de cette soirée qui a mal tourné, des nouveaux ennuis dans lesquels il s’est enlisé. Une inspiration et elle s’avance vers lui, une inspiration et elle balaye ses craintes pour lui, du moins en apparence. Ce n’est pas le fluide cramoisi qui glisse en elle cette peur presque perverse, mais bien l’ampleur de la blessure. Mains qui se glissent dans son épaisse chevelure brune pour la nouer, chignon flou pour y voir plus clair. « Je vais être la plus douce possible... » Ses mains fouillent dans l’armoire à pharmacie avant de revenir vers lui, à genou face à lui, étrange position que l’on pourrait croire compromettante s’il n’y avait pas tout ce sang. Même cette pensée ne parvient pas à la faire sourire d’amusement. Elle et lui, dans cet autre contexte, ça jamais, cela n’arrivera jamais, vraiment jamais… Ses doigts se posent sur son derme, presque caresse invisibles alors lentement elle nettoie la plaie, regard concentré qui ne diverge jamais. Elle oublierait presque que c’est lui qu’elle soigne, elle se noie dans sa concentration pour oublier cette étrange sensation qui l’assomme face à cette proximité. « J’ai l’impression que tu commences déjà à cicatriser, t’es quel genre de surhomme Evans ? » Seulement la plaie est encore inquiétante et elle s’active à la nettoyer le plus doucement et précisément possible. Prunelles sombres qui parfois traînent sur les lignes et les courbes couleur charbon, sur ces motifs tracent de sa vie qu’il a inscrit sur sa peau. Dessins qui n’ont de sens que pour lui, illustrations dont lui seul connaît la symbolique. « J’aime bien tes tatouages. » Véritable compliment, premier, sûrement le dernier, doux mots qu’elle murmure pour faire oublier qu’elle compresse la plaie. Doigts qui caresse son flanc comme pour l’apaiser avant qu’elle ne commence à le bander, à masque l’encre avec les compresses, le sang avec les pansements. Il dérive, il part loin, bien trop loin d’elle alors qu’elle se relève enfin ses mains se glissant sur son visage pour le forcer à croiser son regard. « Eh reste avec moi Evans...T’as été courageux. » Première fois que son regard est dénué de haine, simple douceur qui fait fondre la froideur du chocolat. Elle glisse un peu d’eau sur son visage, alors que l’inquiétude lui fait se mordre sa lèvre inférieure, elle ne devrait pas être si proche, elle ne devrait pas s’occuper à ce point de lui. Mais elle n’y peut rien, c’est plus fort qu’elle… « Tu veux….t’allonger un peu avant de partir ? » Langue qu’elle se mord, mots qui se sont trop vites enfuis d’entre ses lippes, elle les regrette déjà… Mais il ne peut décemment pas repartir dans cet état… Non c’est simplement hors de question alors sans un mot elle attrape sa main, elle serre cette paume bien trop chaude et l’emmène doucement vers sa chambre. Bizarrerie de la vie, blague étrange du destin. Prince qui pénètre dans son antre, dans son petit monde aux couleurs neutres, dans son petit refuge. Ce soir c’est elle et lui, demain ça sera elle contre lui.
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MessageSujet: Re: The blackest night • ( noah ) Dim 23 Oct - 14:45
The blackest night

When you feel my heat, look into my eyes

It's where my demons hide.

Astoria ✧ Noah
Je sais que tu vas encore me juger. Parce que tout le monde le fait. Parce que tu ne sais faire que ça. Ton plus grand passe-temps en ma présence est de m’analyser pour en tirer tes putain de conclusions débiles. Mais tu ne me connais pas. Tu ne me connaîtras jamais. Ce soir, je suis forcé de m’en remettre à toi. Parce que ma vie est peut-être en jeu, j’en sais rien. Parce que je suis incapable de me débrouiller seul dans cette situation. Mais crois-moi, une fois que tout ça sera terminé, plus jamais nous ne serons aussi proches. Proches. Ce mot, quand il fait référence à toi et moi, me semble particulièrement désagréable. Ce mot, anodin pour le monde entier, prend une tournure étrangère à ce moment précis. Aussi étrangère que ta main sur mon bras quand je titube jusqu’à ta salle de bains. Nouveau contact brûlant, mais je ne moufte pas. Je ne connais pas les lieux, je ne peux que te suivre. Et j’admets, à contrecoeur, que ça m’arrange plutôt bien vu mon état.

Le silence qui règne une fois de plus parle à notre place. Il est le symbole de notre inquiétude, des moments intenses et inédits qu’on est en train de vivre. C’est le malaise de l’inconfort, la maladresse de l’inconnu. Pour une fois, pas d’altercation verbale. Le temps file entre nos doigts et s’étire indéfiniment à la fois, dans cette dimension particulière qu’est la nuit. J’ignore à quoi tu penses en ce moment, et à vrai dire, je m’en fous un peu. Dans ma tête à moi, tout s’embrouille, bordel flou entre l’alcool et la douleur. Mais je ne perds pas le nord pour autant. Tu me fixes pendant que je retire mon t-shirt, grimaçant lorsque la plaie s’étire. C’est la toute première fois que j’expose à ton regard ce qui ne se devine habituellement que sur mes mains et mon cou. La partie immergée de l’iceberg. La plus grande. Peut-être la plus intrigante à tes yeux. Lignes obscures qui s’entremêlent, qui ne font sens qu’à moi-même. Monochrome, l’énigme acérée qui s’étale face à toi soulève tout un tas de questions qui doivent se presser au bord de tes lèvres. Interrogations que tu n’évoqueras jamais à voix haute parce que ta fierté est aussi grande que la connerie humaine. Et là, plus bas sur mon ventre, un peu de couleur vient tâcher l’oeuvre d’art. Liquide vermeil qui luit légèrement sous la lumière, clepsydre carmin qui écoule lentement les secondes nocturnes. Mon t-shirt finit au sol, mon regard se lève à nouveau vers le tien. L’acier qui se heurte à la braise sur un air de défi. Le contact physique entre toi et moi est pour ainsi dire inexistant habituellement. Et ce soir, ce putain de soir, j’ai dû te laisser me toucher. C’est évident que j’suis pas infaillible. Personne l’est. Mais t’étais pas censée me voir dans un moment comme ça. Crois-moi Reyes, si jamais tu t’avises de te foutre de ma gueule quand tout sera terminé, je vais faire de ta vie un enfer.

- Je vais être la plus douce possible...
- T’as intérêt.

Mes mots ne sont qu’un bref murmure soufflé, la mâchoire serrée. La vue troublée par le whisky et les pulsations douloureuses, je t’observe attacher tes cheveux sur le haut de ta tête, puis fouiller dans l’armoire à pharmacie. J’en reviens toujours pas. En plus, je suis chez toi quoi. Jamais j’aurais pu imaginer foutre les pieds ici. Et encore moins pour que tu… me soignes. Il me tarde de sortir d’ici, de rentrer à l’appart. Me barrer de chez toi. Mettre fin à cette nuit qui semble hors du temps tant elle est irréelle.

Je me suis perdu dans mes pensées. Quand je retrouve mes esprits, t’es à genoux devant moi. Position qui aurait pu être suggestive. Mais pas avec toi. Avec toi, c’est carrément rédhibitoire. Je pourrais même pas bander devant toi. Tu me rebutes. Ouais. Qu’on se le dise, même dans un univers parallèle, c’est impossible. Entre toi et moi, aucune attirance, seulement de la méfiance, une addictive envie de se faire du mal l’un l’autre, de se cracher notre haine à la gueule sans aucune limite. J’ai un mouvement de recul quand tes doigts réduisent la distance entre eux et mon torse. Pas seulement de crainte d’avoir mal, mais parce que je ne supporte pas que tu me touches. Pourtant, une énième fois, je vais devoir plier et te laisser faire. Finalement, j’ai bien fait d’avoir bu autant. Parce que je suis persuadé que j’aurais été beaucoup moins docile et que t’aurais nettement plus morflé que ça. C’est seulement partie remise. Comme tu l’as si bien dit, demain, ou plutôt dès que j’aurais retrouvé mes esprits, j’aurais tout le loisir de te balancer mes éclats de haine dans la gueule.

T’es concentrée. Je trouve même que c’est plutôt étrange aux vues des circonstances. On dirait presque que tu essayes de faire ça correctement. De ne pas me faire mal. Complètement absurde. Carrément improbable. Quand la compresse entre en contact avec l’estafilade à vif, je tressaille et serre les dents pour contenir la douleur qui hurle et irradie bien plus loin que les frontières de la zone concernée.

- J’ai l’impression que tu commences déjà à cicatriser, t’es quel genre de surhomme Evans ?
- Un loup. T’as peur du loup , Reyes ?

Mon ton est légèrement moqueur alors que mon regard cherche à accrocher le tien. Une façon à la fois de me foutre de ta réflexion, mais aussi de remettre les choses à leur place. Parce qu’on dirait que tu commences à baisser tes barrières. C’est bizarre. A moins que ce soit le whisky qui me monte à la tête. Merde, j’ai dû forcer encore plus que ce que je croyais. Ou alors j’hallucine. Si ça se trouve, j’suis dans le coma et mon cerveau est en train d’inventer tout ça. Ouais, ça doit être ça. La compresse entre tes doigts continue de se presser contre ma chair à vif, provoquant systématiquement un léger soubresaut. Bordel, ça fait super mal quand même, si je suis dans le coma. Mais comme pour contrebalancer la pénibilité du moment, c’est à voix basse que tu t’adresses à moi.

- J’aime bien tes tatouages.

Stop. Arrêt sur image. Arrêt tout court. Même mon souffle s’interrompt. « J’aime bien tes tatouages ». What the… ? On m’a drogué, c’est pas possible. Même inconscient mon esprit inventerait pas des conneries pareilles. Un compliment ? C’est une blague ? Et sur mes tatouages en plus. Tout le monde sait que tu les détestes, c’est un secret pour personne. Je fronce les sourcils, m’apprête à gueuler un coup, mais un nouvel électrochoc m’interrompt avant que je n’aie eu le temps d’ouvrir la bouche. Tes doigts ne s’occupent plus de la blessure, non. Non. Ils viennent lentement effleurer mes côtes, en marge de la plaie. Un geste doux, auquel je ne suis pas habitué. Encore moins venant de toi. Mon cerveau s’embrouille, s’enraye, cale. Quand il se remet en route, je me prends tes mots, ton geste, la situation, en pleine face. Je réalise que je suis assis sur le rebord de la baignoire et mon monde vacille brutalement alors que la sueur perle à mon front. Des images tout droit débarquées de mon passé s’invitent dans ma tête et me filent la nausée. Pourtant, tu restes imperturbable, jamais tu ne croises mon regard. Tu termines ce pour quoi on est venu ici. Notre deal. L’improbable parenthèse. L’étonnante bulle. Le bandage est posé, la plaie est soignée. On verra le résultat demain. Mais pour l’instant, le sang a cessé de couler. Demain. Mes mains se posent sur le rebord froid de la baignoire, pur réflexe. Mais ce contact provoque chez moi une panique intérieure profonde. Une nouvelle fois, la pièce tangue dangereusement. Juste au moment où j’allais perdre contact avec la réalité, tes mains se posent de chaque côté de mon visage et le relève, forçant le contact visuel entre toi et moi.

- Eh reste avec moi Evans...T’as été courageux.

Le noir de tes yeux n’est pas aussi brûlant que d’habitude. Au contraire. Il est doux. Bienveillant… ? Y’a vraiment un problème. Ou alors je suis en train de mourir. Ou je suis déjà passé de l’autre côté. J’comprends pas. J’sais pas. Y’a un truc qui déconne. Qu’est-ce qui s’passe ? Le contact de l’eau froide que tu passes sur mes joues et mon front me fait prendre conscience que je suis parfaitement éveillé et tout à fait vivant. Dimension parallèle, ballet émotionnel. Mon regard te sonde tant bien que mal. A quoi tu joues, Reyes ? Qu’est-ce que tu fous ? Un bref signe de tête pour toute réponse. Tu devras t’en contenter. J’ai la désagréable sensation de balancer entre deux mondes, la bouche pâteuse, des aiguilles dans le bide et un marteau-piqueur dans le crâne. Ma main vient machinalement glisser sur le bandage que tu as mis tant de soin à faire. Putain, c’est vraiment bizarre.

- Tu veux….t’allonger un peu avant de partir ? 

J’ignore si je peux être encore plus surpris maintenant qu’à ta phrase précédente. T’es quand même en train de me proposer de me reposer. Chez toi. Dans ton appart. Je pourrais douter de mon état mental actuellement tellement ça n’a pas de sens. Mes yeux gris n’ont pas cessé de te fixer, et je peux facilement discerner les regrets qui se cachent derrière ton masque. Hors de question que je reste. Je me relève, sans un mot, mais au moment de t’esquiver pour trouver la porte derrière toi sans te toucher, je vacille et me rattrape au lavabo sur ma droite. Merde. Fait chier. Je vais pas pouvoir conduire. C’est une blague. Une putain de blague. Nom de Dieu. Je lève à nouveau les yeux vers toi et t’observe à travers la mèche de cheveux qui est retombée sur mon front. C’est un nouveau duel qui se joue dans ta salle de bains. Deux en fait. Le premier, c’est entre moi et moi-même. La voix de la raison, si rare dans ma tête, qui me conseille de rester le temps de retrouver toutes mes capacités plutôt que de risquer de flinguer ma caisse, ou de me tuer, tandis que mon naturel me hurle de me barrer d’ici. Le second duel, c’est entre toi et moi, évidemment. T’as l’air d’avoir baissé les armes, mais je n’en reste pas moins méfiant. Je ne sais toujours pas si t’es en train de me manipuler ou si t’es sérieuse. Pour être honnête, je ne suis même pas certain de vouloir le savoir.

- Cinq minutes.

Ca m’arrache la gueule de le dire. De capituler encore une fois face à toi. D’exposer mes faiblesses, comme j’expose mes tatouages. Ces lignes sombres en dévoilent beaucoup plus sur moi que tu ne peux le penser. Sous tes yeux s’étale une bonne partie de ma vie. Une très grande partie. Qui restera pour toi, comme pour le monde entier, la parfaite énigme silencieusement explicite. Ta main froide attrape la mienne, et ce contact a pour effet de contracter l’ensemble de mon corps. La haine plus forte que la détresse. Même dans la douleur, c’est la boussole qui régit mon esprit en ta présence. Pourtant, je te suis sans un mot, toutefois sans te rendre l’étreinte que tu imprimes sur ma paume.

La porte que l’on passe, ensemble, est celle de ta chambre. Ca paraît logique, je sais même pas pourquoi je m’attendais à autre chose. Je me braque entièrement, mais continue d’avancer malgré tout. Si je veux rentrer, je dois me reposer un peu. Sinon, je ne suis pas près de repartir vu l’état dans lequel je suis. A l’intérieur de moi, c’est un malaise viscéral qui monte lentement. Peu alerte, j’ai très peu conscience de la décoration de la pièce, et je crois que de toute façon, j’en aurais rien eu à foutre. Dans le meilleur des cas, j’aurais trouvé de quoi te vanner. Mais la fatigue me terrasse brutalement. J’ai pas le coeur à ça. Je mets fin à ce contact désagréable en retirant ma main de la tienne, et je reste planté là. Ouais, j’avoue. J’ose pas m’asseoir sur ton lit. Faut admettre que c’est franchement bizarre comme situation. Déséquilibré, aussi. Je ne suis pas sur mon territoire. Mais sur le tien. Ce soir, je suis en position de faiblesse. Et ce qui est encore plus bizarre, c’est que tu ne cherches même pas à en profiter. Je ne sais pas comment réagir face à tout ça. Je suis fatigué. J’ai le cerveau dans du coton. Mes gestes ne sont plus que de simples automatismes. Je me dirige vers ton lit et me pose doucement sur le matelas. Doucement, pour ne pas tirer sur la plaie. Doucement, pour amortir cet étrange contact. Je passe mes mains sur mon visage. Je me sens putain de mal. Sans réfléchir, je commence à déboutonner mon jean. Mes gestes sont flous, maladroits et je dois m’y reprendre à trois fois avant d’y parvenir. J’en oublierai presque ta présence, quelque part dans la pièce, sur ma gauche. De toute façon, c’est pas comme si j’étais pudique ou complexé. Je vire mes Vans, mon jean reste au sol, et je m’allonge tout doucement sur ton lit. Je cale un bras en travers de mon visage et je ferme les yeux. Le silence est total. J'en oublie où je me trouve. Je suis fatigué. En quelques minutes seulement, je sombre dans un sommeil lourd et impatiemment attendu par mon corps tout entier.

Ce soir, c’est toi avec moi. Demain, ça sera toi contre moi.



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MessageSujet: Re: The blackest night • ( noah ) Ven 28 Oct - 23:47



Noah & Astoria
The blackest night

S
ymphonie désaccordée de ce cœur qui bat trop fort, de ce cœur qui bat trop vite, de ce cœur qui a toujours dépassé les limites de l'impossible. Fanfare de ces sentiments toujours trop puissant, toujours si rugissant, qui rythme toujours sa poitrine. Poupée de porcelaine qui sent la glace étreindre cet organe qui n'a connu que la tiédeur des sentiments si peu ardents. Température de la haine, fraîcheur qui entrave le corps, froideur qui remet les pensées de cet esprit torturé à leur place, qui frigorifie sa bonté pour ne laisser place qu'à sa rage de vaincre, de le vaincre lui. Brûlure du froid qui marque son derme, qui fait vibrer le précieux liquide vermeille entre ses veines. C'est le réveil de la colère, c'est le levé de la hargne, c'est la résurrection de la rancœur. Soleil de minuit qui déchire les rayons argentés de cette lune perdu dans l’éclipse de la vie, deux entités contraires qui se lacèrent, qui se torturent, qui se tuent pour laisser s'exprimer l'ampleur dévorante de leur haine ardente. Elle ne l'aime pas, elle ne l'aimera pas, ni ce soir alors que les astres l'implore de l'aider, ni demain lorsque la comédie aura cessée. Il n'est que le reflet de ce qu'elle fuit, de ce qu'elle ne pourra jamais adorer, portrait bien trop réaliste d'un homme auquel elle ne pourra s'attacher. Il n'est que beauté entachée de cruauté, il n'est que charme salit par sa brutalité. Elle cherche le lion, de roi de la meute, lorsqu'il n'est que le vil serpent, sifflement tentateur, venin exterminateur et le voilà qui gouverne le royaume des vanités. Deux contraires, deux opposés voués à se détester, deux destins, deux chemins destinés à ne jamais se croiser. La belle et la bête, la belle qui s'assombrit face aux ténèbres de ses ressentis, la bête qui tait ses grondements face à l'ampleur de sa douleur.

« Un loup. T’as peur du loup , Reyes ? » Ce soir le loup n'est qu'une ombre, un mirage, un voile noir tâché de sang. Il voudrait inspirer la peur, il voudrait continuer à se faire craindre, persister à semer la terreur même là, même dans cet état. Cette nuit il n'est qu'une version affaiblie de lui même, une version qui perd sur sa route le fluide carmin qui lui octroie la vie, une version qui doit sa résurrection à sa pire ennemie. Faibles traces de frayeur qui s'effacent avec le sang de l’intrus, faible marque d'une crainte qu'elle étouffe au plus profond de son être. Douceur naturelle qui se rappelle à elle, candeur éternelle qui se glisse dans son cœur mais qu'elle refoule, qu'elle refuse, pas pour lui, pas pour cet homme qui ne mérite rien, si ce n'est la violence de ses mots, la rage de ses actions, la part d'ombre qu'il fait naître depuis leur première rencontre. Léger éclat de délicatesse qu'il fait disparaître grâce à la dureté de ses moqueries, de ses mots toujours si brutaux. Ses palabres plus tranchante que le couperet qui sépare la tête pensante du corps puissant, paroles véritables guillotines venues décapiter la bienveillance de la belle. Froideur de l'argent qui ne fond pas, même en se plongeant dans les braises du regard de son adversaire, froideur qui lui rappelle qui il est, sombre entité qu'elle se doit de détester. Son regard l'incendie, mais pas de ce feu dévastateur qui la rendrait folle de lui, pas ces flammes passionnées qui la feraient tomber dans ses bras. Opalescences dérangeantes qui laissent sur leur passage des marques indélébiles, des brûlures qui la foudroient jusqu'à la rendre malade, empreintes de sa haine qu'il appose sur le corps de la brune.

Elle n'est que marbre froid, véritable statue, devant l'homme qui vacille face à elle. Lui et ses tourments, lui et son plaisir à la tourmenter elle. Regrets qui l'animent, regrets qui se pressent dans son esprit, véritables chaos de pensées ensanglantées. Elle aurait dû le laisser moisir dans sa ruelle, elle aurait dû le laisser, lui et son sang, lui et ses mauvaises manières, lui et sa colère, lui et ses insultes, lui et ses mauvais sentiments, lui et son ingratitude. Fierté maladive de cet homme de la nuit qui se pense plus fort qu'il ne l'est, se perdant dans ses réflexions idiotes, dans ses envies sottes. Il veut partir, loin d'elle, loin de l'aide qu'elle lui a procuré, quitter l'appartement qui se referme autour de lui telle une prison aux barreaux empoisonnées, mais il ne peut pas partir, condamné à y rester prisonnier, condamné par sa plaie tâchée par le sang brûlant. Il aurait voulu lui tenir tête, une dernière fois avant de s’éclipser, de se fondre dans la noirceur de son monde. Véritable mise à mort qu'il se serait imposé, culpabilité qu'il aurait relégué à sa sauveuse, crétin qu'elle aurait maudit jusqu'à son dernier souffle. Crétin, crétin, crétin, crétin. Mais à la place il accepte, encore, cette main qui se tend vers lui, cette main qui l'aide encore et encore, beaucoup trop, plus qu'il ne le méritera jamais. «Cinq minutes. » Capitulation, armes qui tombent avec fracas à ses pieds alors qu'un éclat de fierté brille dans ses yeux. Elle gagne, il perd. Cinq dernière minutes de ce supplice, cinq dernières douloureuses minutes. Trois cent secondes avant l'arrivée de la paix, trois cent secondes avant qu'elle ne le jette dehors lui et sa stupidité, trois cent secondes avant qu'elle ne lui claque la porte au nez pour ne plus jamais l'ouvrir à son faciès de damné, trois cent secondes avant que sa vie ne reprenne enfin son cours normal. « Pas une de plus. » Fourmillement qui lui parcoure les doigts, léger tremblement qui s'empare d'eux, violente envie de les laisser s'abattre avec force sur son visage de roi des emmerdeurs, d'effacer d'un geste de la main sa moue suffisantes et ses mots blessants, de simplement l'envoyer valser lui et ses montagnes d’imbécillités hors de ces murs, bien loin d'elle et de sa patiente qui s'étiole bien trop rapidement. Corps de l'adonis qui se tend, peau qui se contracte à son toucher, silhouette envahie par le dégoût, comme si pour elle s'était plaisant, comme si elle aimait cette proximité forcée, cette proximité qui ne réussit qu'à l'étouffer.

Bête qu'elle lâche dans l'enfer de sa chambre dont les murs semblent se rapprocher d'elle comme pour l'écraser. Étrangeté de la situation qu'il lui donne le tournis, son territoire contaminé par la présence de cette erreur, par ce loup cruel qui rôde dans la pièce, qui entre dans la bergerie dévoilant ses crocs aiguisés. Loup qui pose sa carcasse abîmée, son poil fatigué sur la douceur du lit de la princesse des brunettes. Cinq minutes, juste cinq minutes...Plus que quatre désormais. Secondes bien trop lentes qui s'écrasent au fond du sablier, sable qui s'écoulent avec une lenteur affolante. Antre qui jamais n'a connu de présence masculine autre que celle de celui qui partage le liquide écarlate de ses veines, antre qui n'aurait jamais pensé voir se glisser entre ses draps la silhouette musclé de cet ennemi juré si dénudé. Dénudé ? Regard qui se pose sur le corps à peine habillé alors que ses prunelles s'écarquillent sous la surprise. Brûlure lancinante qui vient colorer ses joues. Loin du carmin symbole de désir, le vermeille signe de colère prend place sur son faciès aux traits furieux. « Evans ça fait cinq minutes, vire ton boxer de mon lit ! » Mais déjà il sombre dans les ténèbres du sommeil, disparaissant loin d'elle, bien trop loin, dans un monde dont elle ne peut l'extirper. Ses mains qui s'agitent au dessus de son visage pour tenter de le ramener de là, ses doigts qui font trembler un peu ses bras pour le sortir de ses songes. Mais rien. Absolument rien. Démon qui reste dans ses enfers, démon qui ne cessera jamais de la tourmenter même après qu'elle l'ait aidé. « Connard ! » Sifflement furieux plein de venin alors qu'elle s'échappe de la pièce, qu'elle rejoint la fraîcheur presque réconfortante de la salle d'eau. Contemplation de son visage retourné par les événements, trouble qui se mêle à la colère, cheveux défaits qui se glisse telles des lianes sauvages, sang d'un autre qui tâche ses doigts et sa robe. « Et en plus il m'a foutu en l'air ma robe. » Tissu qui s'échouent avec le reste, peau qui lentement se dénudent face au miroir innocent, au miroir qui la voit sans la regarder avant que ses courbes ne rejoignent le jet d'eau chaude. Les minutes s'écoulent, toujours si lente, toujours si languissante, les gouttes brûlantes parcourent son derme sans parvenir à en dénouer le moindre muscles. Mousse qui naît et disparaît sur les contours de sa silhouette, légère neige qui ne tient pas sur sa peau ambrée, chevelure d'ébène qui se fonce un peu plus, violent contraste entre le charbon et le sable brûlant de son teint, violent incendie qui brûlerait n'importe qu'elle pupille qui se poserait sur cette cambrure. Corps qui lentement se recouvre d'une serviette, le blanc immaculé qui protège la princesse de porcelaine des regards qui pourraient s'y glisser. Léger pas qui la ramènent vers sa chambre, mouvement de recul face à la porte close, souvenir brutal de la présence non désirée se trouvant derrière. Lentement elle pousse le morceau de bois maudit, priant intérieurement pour que le monstre n'y soit plus volute de fumée envolée dans l'air saturé. Opalescences qui se glissent dans la pénombre alors que la bête est là, toujours si profondément endormis, dans les brumes de Morphée, si bien installé dans son lit. « T'as de la chance d'être blessé Evans, t'as vraiment de la chance... » Hésitation qui la paralyse alors qu'elle se retrouve dans devant ses vêtements, regard qui ne cessent de s'envoler entre l'être endormi et les tissus parfaitement plié. Lippe inférieure malmenée, torturée, mordillée sous le doute. Dentelle qui lentement remonte le long de ses jambes, parcoure la douceur de sa peau, rapidement rejoint par le textile froid du short. Barrière protectrice cotonneuse qui rejoint le parquet. Il ne peut rien voir, rien, absolument rien, il dort, sommeil profond. Paupières fermement closes, il ne peut rien voir, perdue dans l'univers des rêves il ne peut profiter de la vue de sa peau, de l'arc parfait de sa chambre, du haut de son corps si dénudé constellé de ses cheveux mouillés et de gouttes infernales qui retracent sa colonne. Non il ne peut voir cela, si près mais si loin à la fois, il est là sans l'être. Pensées qui fracassent son crâne, légers mots venu la rassurer avant qu'elle n'enfile rapidement un débardeur. Il est là, plongé dans le sommeil, l'air si angélique, presque humain de cette manière. Ses traits adoucis par sa léthargie, une autre version de lui qu'elle découvre. Le monstre qui s'humanise, le monstre qu'elle découvre sous un autre angle. « Tu délires Asto. » Tête qu'elle secoue de dépit, détachant ses yeux de lui et de son corps si peu habillé. Bien des filles l'auraient considéré comme le fruit de la tentation, le péché capital devenu homme, l'homme à avoir, l'incarnation du désir. Mais pas elle, jamais elle n'avait eu ce genre de pensées à son encontre, jamais.
Elle tourne en rond, sur son propre territoire, dans sa propre demeure, elle se perd. Sommeil qui ralentit ses pas, draps qui l'attirent inexorablement, mais présence qui la dégoûte, qui retourne son cœur de dégoût, qui l'empêche d'approcher. Bercée entre deux envies, marche lente sur une corde raide, attirée par deux mondes radicalement différent. Sirène qui finit par s'échouer sur le matelas, loin, le plus loin possible de lui, les yeux rivés sur le plafond, prunelles brûlante incendiant la peinture blanche. Corps tendu, corps paralysé, corps frissonnant de mauvais sentiment. Proximité masculine qu'il rejette, qu'il exècre, qui le dégoûte. Mauvais souvenirs qui refont surface, qui se battent avec le sommeil qui lentement l'emporte vers une série noire qu'elle connaît déjà par cœur, vers une série noire qui lui promet de terribles songes ténébreux, provenant des enfers. Démon reposant près d'elle, bien angélique face à celui qui l'attend dans l'autre monde. [/justify]
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MessageSujet: Re: The blackest night • ( noah ) Mar 1 Nov - 22:46
The blackest night

When you feel my heat, look into my eyes

It's where my demons hide.

Astoria ✧ Noah
Dormir dans le lit d’une autre, c’est bien la première fois que ça m’arrive. Généralement, j’y ai plutôt d’autres sortes d’activités. Comme baiser. Faut dire, mon rapport avec les nanas s’arrête à peu près à ce stade. Et ça me convient très bien. S’envoyer en l’air, y’a que ça de vrai. Pas besoin de parler, de s’expliquer, de penser. Pas besoin de se justifier. Ce sont les corps qui se télescopent, les jambes qui s’emmêlent, les langues qui dansent. Le temps s’arrête. Rien ne compte. Le monde cesse de tourner. C’est un ballet de gémissements, une valse des soupirs, un tango à l’horizontale. Toutes ces sensations qui, entre toi et moi, ne prendront jamais forme. Pas même en rêve. Ta voix qui agresse habituellement mes oreilles me semble bien loin. Je t’entends à peine parler de « cinq minutes ». Mon esprit est bien trop flou, trop anesthésié. Juste cinq minutes, ouais. Seulement cinq...

C’est le bruit fracassant de tes erreurs qui te terrassent en ce moment-même, alors que tu te tiens devant moi, à genoux. Devant moi, me suppliant de revenir à la maison. Te trouvant un milliard d’excuses pour t’innocenter, excuses qui ne sont pas plus crédibles que l’histoire de la petite souris qui vient récupérer les dents des enfants sous leur oreiller, celle-là même que tu ne m’as jamais racontée. Comme aucune autre d’ailleurs. Tu ne m’as jamais bordé le soir avant de dormir. Tu ne m’as jamais fait de câlins. Les brèves étreintes factices que tu me donnais en public étaient seulement destinées à brouiller les pistes. Flouter la réalité que je vivais chaque jour sous ce toit. Réalité qui vient d’éclater au grand jour, sous les yeux des voisins, de la rue toute entière. Ce lourd secret que je gardais depuis toutes ces années vient d’exploser brutalement. Mais pour une fois, ce n’est pas moi qui en paye les conséquences. La souffrance endurée tout ce temps, les coups supportés sans dire un mot. A cet instant précis, face à toi, je ne suis plus faible. Je ne suis plus ce petit garçon terrifié face à sa mère. Je suis le reflet de l’homme que je serai d’ici quelques années, quand la haine aura déployé ses racines jusque dans mes entrailles, quand la rage aura façonné mon coeur, l’aura entouré de cette armure protectrice et épineuse que personne ne voudra ni ne pourra percer. Et dans mon regard, tu ne vois plus la douce mélancolie de l’océan par un jour de pluie. C’est désormais l’acier glacial et tranchant qui te transperce de part en part.

Je me retourne, m’agite. La sueur commence à perler sur mon corps à peine vêtu.

Survivre. Survivre à tes coups. Ne pas courir autour de la table pour les éviter, parce que comme une bête enragée, ça excite davantage ta folie dévastatrice. Et quand tu parviens à m’attraper, quand ta main se resserre autour de mon poignet, mon coeur pourrait facilement dépasser Usain Bolt au sprint. Qu’est-ce que tu vas me faire, cette fois ? Qu’est-ce qui te calmera ? On monte à l’étage. Je te suis, sans me débattre. Je sais que c’est inutile. Que ça ne sera que pire. Autant abréger ton petit jeu malsain. Ne pas te donner le plaisir de te montrer ma peur. Direction la salle de bains. J’ignore ce qui te passe par la tête, mais c’est inédit. Ta main compresse mon poignet, si fort que je sens mon pouls y battre la chamade. Tu me ramènes jusqu’à la baignoire. L’eau commence à couler. Et dans ma tête, l’engrenage se met lentement en route. Tu vas me noyer. Cette fois, c’est la fin. T’as décidé de me noyer. J’en suis persuadé. La panique me fait trembler de la tête aux pieds. Mon regard fait des allers-retours entre la porte, toi, et la baignoire. Combien de chances j’ai de t’échapper et de m’en sortir ? Pas le temps de calculer, que tu m’empoignes et me soulève, me repose brutalement dans l’eau… glacée. Le froid me prend au corps, contracte les muscles de mes petites jambes. Et si j’essaye de sortir, par pur réflexe, je regrette rapidement ma tentative désespérée. Tu attrapes le sparadrap dans le placard, me force à m’asseoir dans l’eau en appuyant sur mes épaules, et tu joins mes deux poignets au robinet, toujours ouvert. Tu les attaches. Serrés. Impossible de bouger, le plastique cisaille ma peau. Tes cris, je ne les entends plus. Mes oreilles sont habituées, je n’y prête plus tellement attention. Et lorsque tu quittes la pièce, je me relève. Mes vêtements sont trempés, mais je ne baigne plus totalement dans l’eau gelée. Je me tortille, essayant de déchirer le sparadrap. La porte se rouvre, et je comprends bien vite mon erreur. Dans tes mains, une des cordes qui te sert à étendre le linge. Tu hurles, mais tes mots n’atteignent pas mon cerveau. Tu plonges ma tête sous l’eau. Une fois. Deux fois. Je suffoque, j’avale de travers, je tousse. Trois fois. Je respire par le nez, je m’étouffe à moitié. Tes doigts agrippent mes cheveux pour m’immerger et me sortir de l’eau tour à tour. Et alors que je me mets à penser que ta folie s’apaise, alors que tu me permets de respirer à l’air libre, tu soulèves mes jambes, et la fameuse corde trouve son utilité. Elle entoure mes chevilles, se mêle au sparadrap, solidifie les menottes de fortune qui me maintiennent prisonnier. De cette façon, impossible de me relever, d’échapper aux flots glacés. Mon corps y baigne totalement. Je grelotte, tremble à la fois de peur et de froid. Et comme si ce n’était pas assez, ton coude s’écrase au sommet de mon crâne, me faisant voir des étoiles et inondant mes yeux. Puis tu quittes les lieux. Je sais que tu ne reviendras pas. Pas immédiatement en tous cas. Je sais que tu as eu ta dose. Que ton coup de folie vient de prendre fin. Mon calvaire, lui, n’est cependant pas terminé. Parce que c’est plusieurs heures que tu me laisseras baigner dans cet océan aussi froid que pourrait l’être ton coeur si tu en avais un. Et c’est tout seul que je me sécherai, une fois libéré. Tout seul que je panserai les plaies sur mes chevilles et mes poignets. Tout seul que j’irai me coucher sous la couette, grelottant, peinant à retrouver un semblant de chaleur pour réconforter mon corps blessé. Espérant que tu ne recommenceras plus. Sachant pertinemment que si, tu recommenceras.

Je me tourne et me retourne plusieurs fois. Je me débats dans l’eau. Dans les draps. Un parfum féminin effleure mes narines, agresse mes sens endormis mais étonnamment alertes. Je suis mouillé. Trempé. J’ai chaud. Froid. Je me débats. Je marmonne. Je supplie. Non, arrête. Arrête. J’ai froid. J’ai mal. Arrête. Je respire trop vite. Je ne respire plus. Et quand l’air retrouve brutalement le chemin de mes poumons, je me réveille en sursaut, dans un grand cri.

- NON !!!!

Je me redresse d’un coup, assis sur mon lit. Mon… ? Je reprends peu à peu conscience, baignant encore entre deux horizons. C’est pas mon lit. C’est pas ma chambre. Mon regard toujours perdu dans mes cauchemars analyse les lieux dans lesquels je me trouve. Bordel, où est-ce que je suis ? Une légère douleur près de mon flanc fait lentement remonter à la surface les souvenirs de la soirée passée. Des flashs viennent se mêler à ceux de mon sommeil, mélange nauséeux et amer. La soirée au bar. Le flot de whisky. La bagarre. Le couteau qui déchire ma chair. Reyes. Le trajet en voiture. L’appartement. Reyes. Reyes ! Un violent sursaut me secoue. Je ne suis quand même pas dans ton lit… si ? A peine le temps de réagir, l’angoisse me prend de nouveau au corps. Les images de mon passé sont plus fortes que la situation actuelle, aussi inconfortable soit-elle. Les tremblements m’envahissent de la tête aux pieds et mon cerveau se déconnecte de la réalité. Je suis de nouveau dans cette foutue salle de bains, pieds et mains liés, le corps dans l’eau gelée. Le visage livide, les yeux grands ouverts, mais perdus dans une autre dimension. Le film se rejoue en boucle dans ma tête, en dépit de là où je me trouve réellement. Mes poings se serrent, jusqu’à en blanchir mes jointures. L’intégralité de mes muscles se contractent, faisant ressortir mes veines où pulse ce fameux liquide vermeil qui a marqué la soirée. Quant à mon souffle, c’est le chaos le plus total. Il est saccadé, court, complètement aléatoire. La sueur coule lentement dans mon dos, dessinant des lignes invisibles qui se mêlent à celles de mes tatouages. Mon coeur s’amuse encore à vouloir concurrencer Usain Bolt, comme à l’époque, comme quand j’étais qu’un gosse dans cette putain de baignoire. La frontière s’écroule entre ces deux mondes. Celle entre l’homme que je suis et le gamin que j’étais, aussi. Les pupilles dilatées, fixant sans le voir le mur en face de moi, c’est dans cet entre-deux que mon esprit reste inexorablement bloqué. Hors de contrôle.



© Starseed



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MessageSujet: Re: The blackest night • ( noah ) Sam 5 Nov - 17:40



Noah & Astoria
The blackest night

P
rincesse de l’Éden qui défie les horreurs de sa propre guerre, lorsque le prince des enfers a trouvé la paix ensommeillée.Silence assourdissant, mutisme tonitruant, calme fracassant. Haine qui résonne, haine qui s'écrase contre les murs de la chambre, sa haine qui n'a jamais fait autant de bruit alors qu'il est enfermé dans les bras de Morphée. Partition de cet opéra désaccordé, notes qui deviennent l'incarnation du vacarme enfermé dans sa poitrine. Ennemi qui même loin, si loin d'elle, prisonnier d'un autre univers, continue de murmurer des horreurs tâchées de carmin à ses oreilles. Chuchotements dérangeant qu'elle ne peut chasser, qu'elle ne peut faire taire, qu'elle ne peut étouffer. Ils sont là, sadiques, rusés, perfides, se glissant jusqu'à elle, s'insinuant dans le chaos de son esprit. Mots maculés de haine qui émergent des entrailles de son âme, qui ressurgissent sous le halo de l'astre argenté. Des années de rage, des années de colère, des années de cicatrices invisibles, de marques transparentes, de maux brûlant qui traversent l'horizon, qui ont laissé des traces indélébiles, qui ont laissé ce fin mal être au fond de sa poitrine. Balafres éternelles qu'il a apposé sur son âme et qui ne s'effaceront jamais. Force factice que la belle a démontré durant des années pour ne jamais lui laisser le plaisir malsain de la voir à ses pieds, démolis par les brûlures lancinantes du venin du serpent. Alors elle a rendu les coups, tout aussi violemment, tout aussi cupidement, tout aussi rageusement, pour qu'il se taise, pour que sa langue se lie, pour que hargne cesse de fracasser les minces fragments survivants de sa confiance en elle.

Dos à dos, seul leur haine se font face. Frontière factice qui condamne leurs peaux à ne jamais se frôler, leurs corps à ne jamais se toucher, leur derme à ne jamais se rencontrer. Fin voile de noirceur qui vient se glisser sur ses opalescences, prunelles qui se ferment, sommeil qui abat ses dernières forces. La poupée vogue entre deux mondes, deux mondes cruels, éternité ensommeillé, réalité damnée, qui assiègent son esprit, qui déchirent son âme, qui brûle son cœur. Une part de sa silhouette dans les eaux glacées de ses rêves torturés, une autre assassiné dans les flammes brûlantes du monde présent. Conscience qui se lacèrent, conscience qui se perd entre les deux, conscience qui ne sait plus qui croire.

Porcelaine qui se fend. Poupée emprisonnée dans les draps froids, poupée qui ne peut plus bouger, poupée bloquée. Début du cauchemar noir, début du songe aux accents de vérité damnée. Princesse tétanisée, immobilisée dans un carcan invisible. Lentement son sang se gèle, lentement son esprit voir ses barrières se détruire, lentement son cœur se fend. Souffrance indolore, c'est horrible comme elle a mal, c'est horrible comme elle est désarmée face au mal. Cri qui ne dépasse jamais la barrière de ses lippes, cri qui reste coincé jusqu'à l'en étouffer, cri qui ne se résonnera pas dans l'affreuse réalité. Elle entend les hurlements de sa souffrance, hurlements intérieurs qui se répercutent contre les barrières de son esprit, hurlements qui implosent dans son âme, hurlements qui vocifèrent si fort que son cœur explose. Réminiscences qu'elle voudrait effacer, passé qu'elle hait d'exister, souvenir qui ne veulent pas ternir.
Porcelaine qui se lézarde. Subtiles caresses qu'elle sent se propager sur la douceur de son derme, subtiles caresses qui se glisse sur les léger tissus, subtiles caresses qui ne sont pas désirées et qui pourtant s'emparent de son innocence. Mains invisibles qui lui donnent la nausée, mains invisibles qu'elle voudrait tant chasser. Tremblements qui fracassent un peu plus la pierre polie, tremblements qui habitent son corps, qui fissurent un peu plus la porcelaine. Trois bêtes cruelles, trois monstres assoiffés de luxure, assoiffés d'elle. Fragile princesse qui se pensait reine forte mais qui ne sera jamais assez puissante face à ces démons. Regards qui la rendent malade, regards qui la détruisent, regards qui la torturent. Petite proie, douce biche que l'on assassine, les hyènes tournent autour de sa carcasse, les hyènes l'attaquent. Violent combat, combat contre eux, combat contre elle. Bataille enragée contre sa léthargie, bataille folle contre ce corps qui se refusent à bouger, ce corps privé de ces mouvements, ce corps qui la laisse se faire traumatiser. Minutes qui s'écoulent tel des heures d'horreurs, secondes qui n'ont jamais paru si longue. Griffes des animaux qui lacèrent la peau de son ventre, griffes qui descendent bien trop en bas, qui glissent vers un endroit sacré, un endroit où règne l'intimité, endroit qu'ils n'ont pas le droit de seulement convoiter. Déclic lorsque les doigts pervers effleurent un tissus que personne ne devrait voir, personne si ce n'est la personne qu'elle aura choisis. Le marbre qui fond pour redevenir sang, les liens imaginaires qui se déchirent, qui se défont, qui éclatent sous l'impulsion sauvage qui se glisse en elle. Mouvements incontrôlés pour les repousser, cris étouffés contre leurs mains caleuses. Elle est face à des hommes qui ont perdu leur morale dans les fonds des bouteilles de whisky, qui ont noyé leur humanité dans des litres de vodka, qui ont vu leur douceur s'étioler dans les vapeurs de rhum. Bestialité qui les poussent à s'emparer de ce corps qui ne leur appartiendra jamais. Goût de l'interdit qui fait vibrer leurs âmes maudites. Elle se défend et leur violence décuple, elle se défend et leur désir pour elle s'accentue. Ils n'ont ni foi, ni loi, ils ont simplement envie d'en finir avec leur proie. Vision détraquée, vision embrumée, vision voilée, elle frappe sans savoir si elle atteint ses cibles, elle frappe pour faire partager sa rage, elle frappe pour sauvegarder les derniers gisements de sa pureté, elle frappe pour sauver sa vie, elle frappe pour rentre les coups qui pleuvent sur elle. Pluie de rage, pluie de violence, pluie causée par ces pervers, tempête traumatisante dans laquelle ils l'emmènent. Souffles bestiaux qui l'effleurent alors que l'un d'eux se rapprochent, alors qu'ils tentent un corps à corps, alors qu'elle en vomirait son propre cœur en sentant la représentation de ce désir maudit qui touche son corps, qui entrave sa pureté, qui termine de la dégoûter. Rires mauvais, éclats malsains qui résonnent à ses oreilles qui la rendent folle, qui la rendent complètement démente. Puis la libération, les monstres qui tombent, pièces qui se fracassent les unes contre les autres, les bêtes qui se retrouvent entre elle. Destin qui tournent en sa faveur, vie qui s'accroche à elle, chance qui surgit au dernier moment dans une note malsaine alors que la princesse traumatisée s'enfuie. Elle court parce que sa vie en dépend, elle court sans savoir comment, elle court sans savoir où, elle court sans même réussir à respirer, elle court pour échapper à ses démons.
Porcelaine qui éclate. Brunette qui retrouve les murs froid de son antre, brunette qui se retrouve face à elle même, brunette dont la parole s'est muré dans le silence depuis. Elle observe simplement l'étrangère face à elle, l'étrangère qui se dessine sous ses yeux vides dans le miroir. Glace qui dévoile une image faussée, glace qui lui montre pourtant l'horrible vérité. Silhouette terrassée par le traumatisme, opalescences à l'éclat tristes qui refusent ce qu'il s'est passé, prunelles qui nie la vérité, regard qui ne se rend pas encore compte de l'affreuse réalité. Lentement la fleur perd ses pétales, doucement les fragments parfumés s'écrase sur le sol glacé, alors que les marques de l'agression se dévoile à elle. Griffures sauvages, tâches de carmins séchés, derme qui perd sa beauté, corps devenu laid sous leur infâme touché, marques qui deviennent bleutée, pâleur qui se confonds dans l'azur blessé et le vermeille foncé. Doigts tremblants qui effleurent les souvenirs gravés dans sa chair, laissé pour que jamais elle ne puisse les oublier. Électrochoc, frisson violent, frisson désagréable qui la fait tomber, qui la fait s'écraser contre le carrelage alors que l'horrible vérité vient la gifler de plein fouet. Mal être qui implose, qui bafoue les barrières de l'impossible alors que les brisures de diamants lacèrent son visage, alors que sa peine la fait tressauter, alors que la porcelaine est définitivement brisée. Plus personne ne voudra jamais de la rose fanée.


« NON !! »  Sursaut qui vient la tirer de ses sordides pensées alors que son esprit embrumée se reconnecte lentement au présent. Flash qui s'abattent, le bar, la rue, Evans. Nouvelle gifle alors qu'elle peine à bouger, alors qu'elle peine à se retourner. Couche qu'elle n'a plus partagée depuis, couche qui devait rester vide, couche dont elle devrait le virer. Elle a besoin de paix, elle a tellement besoin d'un peu de répits, d'un peu de calme. Comment guérir lorsque les plaies ne font que saigner ? Comment cesser d'avoir mal lorsque la douleur est sa seule amie ? Comment rêver au bonheur lorsque le malheur est votre seul accompagnant dans la noirceur de cette putain de vie ? Elle n'a plus la force de l'affronter, elle n'a plus la force de mener bataille. Instant où elle est bien trop fragile, bien trop faible. Il pourrait la détruire en une phrase, il pourrait ne faire d'elle qu'un tas de cendres, il pourrait terminer ce que les bêtes ont commencé. Doigts qui essuie sous visage trempée, doigts qui balaye la peine que jamais il ne devra voir, doigts qui sèche la peau maltraitée par les perles salées avant d'oser lui faire face. Force qui vient de nulle part, force qui construit ses derniers remparts, force qui fait battre faiblement son cœur mourant. Ce n'est pas la nouvelle représentation effroyable d'un monstre qu'elle découvre à travers ses yeux fatigué, c'est une bête blessée, une bête tout aussi brisée qu'elle. Elle connaît les séquelles des traumatismes, elle connaît les marques indélébiles que laissent les démons qui entre dans leurs vies. Cette sensation qu'elle vit à l'instant, ce basculement entre rêve et réalité, ce tremblement frissonnant qui ne quitte pas notre derme, cette pellicule de sueur qui trahit leur états, qui fait légèrement brillé leurs peaux fatiguées. Deux ennemis terrassés par leur passé, deux ennemis qui s'exposent sans le vouloir leurs failles. « Noah ? » Voix légèrement enrouée, voix si douce, voix qu'elle ne peut contrôler alors que la première c'est son prénom qu'elle murmure pour entraver le silence. Léger flottement, hésitation qui la torture, elle ne sait que faire, elle ne sait comment agir. Vulnérable princesse des terres ensoleillées qui déteste être touché, qui déteste le contact d'un homme et qui pourtant pose doucement sa main sur son dos. Apaisement qu'elle voudrait lui donner avec les cercles tracés par ses doigts, légères caresses qui retracent l'encre ténébreux de ses tatouages. Il ne la voit pas, il ne voit plus, alors qu'elle ne voit plus que lui, alors qu'elle a devant elle l'expression terrifiante de sa détresse. « Je suis là. » Malgré la haine, malgré leurs différents, malgré leurs différences elle ne peut faire autrement, elle ne veut faire autrement. Main qu'elle lie à la sienne, symbolique qui finira par lui éclater au visage. Mais jamais elle ne pourra laisser quelqu'un s'enfermer dans son mal être, jamais elle ne pourra laisser quelqu'un qui souffre. Même si elle le déteste et qu'il la hait tout autant, si ce n'est plus. Elle passe au dessus de tout ce qu'il lui a fait, elle efface le tableau, elle fait disparaître ses méfaits, elle cherche des excuses à ses erreurs impardonnables. Elle tente de se convaincre qu'un être bon réside en lui, qu'au delà de sa carapace peut être qu'un homme bien se masque, fuit les regards, fuit son regard. Elle veut aider, même si elle sait qu'elle sera repousser. Elle veut aider, même si elle sait qu'elle sera injurié. Elle veut aider même si jamais il n'acceptera sa présence à ses côtés. Elle est là pour lui, ce soir, rien que ce soir, rien que pendant ces dernières heures jusqu'à ce que le soleil reprenne ses droits sur la nature. Trop bonne ou peut être juste trop conne. [/justify]
WILDBIRD



       
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The blackest night • ( noah )
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