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one for the road • elwyn.
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Ciscan depuis le : 01/07/2016
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MessageSujet: one for the road • elwyn. Mar 11 Oct - 9:42
one for the road
Elwyn & Jolene


On dit souvent que le propre de l’Homme est de garder espoir, quels que soient les événements qui puissent un jour mettre à mal cette croyance. Je ne pense pas. À mes yeux, le propre de l’Homme est d’être masochiste. Il cultive un masochisme tellement développé que pour lui, il est normal de se faire du mal. Et d’aimer ça. Il en a besoin pour vivre, pour sentir quelque chose, pour ressentir quelque chose. Il en a besoin pour avancer, dans la vie. Il se dit que s’il n’a pas mal, il ne peut grandir. Et le pire. Le pire, c’est en amour. On retourne toujours vers son bourreau. On retourne vers la personne qui nous a brisé, détruit, piétiné le coeur. Filles comme garçons. Il n’y a pas que nous qui sommes faibles. Tous. Toutes et tous, chacun.e comme on est, on retourne, on court vers notre bourreau, on y court à perdre haleine. On ne vit plus que pour ce moment, celui où nos doigts effleureront son visage, où nos regards se croiseront. Ce moment où notre cerveau hurlera qu’on fait une connerie et que notre coeur mettra l’autre organe sur silencieux parce que merde, vivons dangereusement un petit peu. Et moi, je commence à connaitre ce sentiment. J’étais pas humaine avant. Je fuyais chacun de mes bourreaux. Je fuyais. Littéralement. Je changeais de ville, de pays, de continent. J’étais juste un prénom, sans attache. Jusqu’à ce que je me rende compte que j’étais mon propre bourreau. C’est un choc quand on se rend compte qu’on est le bourreau et la victime. Tout perd son sens et plus rien n’a de valeur. On est perdu, on questionne tout. J’étais mon propre bourreau jusqu’à ce que je le rencontre. Et là, tout a changé. Je suis devenue humaine. Et je n’attends qu’une chose. Retourner à ses côtés pour réapprendre à vivre correctement.

Mais on en est pas là. J’ai le temps encore. J’ai progressé. Je sors, je redécouvre ce qu’est une vie sociale et je reprends ma participation en cours. En même temps, je n’ai pas le choix. Les examens de mi-semestre ne vont pas tarder à arriver et je suis dans la merde. J’ai mon bachelor en fin d’année, je ne peux pas me permettre de le rater. J’ai repris le travail aussi. J’ai pris mes ovaires, je les ai posé sur le comptoir et j’ai dit « c’est bon, j’en ai marre d’être seulement la remplaçante, faites moi un contrat. » Maintenant, je suis vendeuse la journée à l’Amoeba Music et serveuse le soir au Green Pot. Ma consommation d’alcool a baissé. En même temps, vu les effluves d’alcool et la fumée que les drogués recrachent, je finis défoncés comme eux en rentrant le soir. Ce qui est assez marrant. Je reprends ma vie en main, et franchement ? Il était temps. Je sais où j’en suis maintenant. Il me reste encore quelques trucs à régler mais ce sont des affaires minimes. Je suis tranquille. Je ne dors toujours pas mieux. Mes insomnies sont toujours présentes, bien décidées à m’accompagner jusqu’à ce que je dorme pour toujours. Elles sont toujours autant fréquentes. Comme quoi ce n’est pas tant liés à mon état d’esprit, parce que même si nous sommes en froid, dans l’indifférence et l’ignorance, ce n’est pas ça qui me tient éveillée la nuit. Probablement suis-je trop confiance à penser qu’on se retrouvera. Mais ça ne me fait pas peur pour l’instant. Je ne sais toujours pas ce qui me tient éveillée et ça m’énerve. Oui, voila, je suis éveillée parce que je ne sais pas pourquoi je suis éveillée. Cercle vicieux infernal qui s’arrêtera que lorsque le disque lui même aura montré qu’il souhaite s’arrêter. Pas avant.

Et cette nuit, je ne travaille pas. Soir de repos, les alcooliques se passeront de moi. Je suis assise sur le balcon de notre appartement et tous dorment. C’est rare d’avoir un appartement aussi calme. C’en est perturbant. Oh, je ne dis pas qu’il faut qu’il y ait du bruit tout le temps. Mais ils m’ont tous tellement habitués au bruit que d’être encore debout et n’entendre que le silence est perturbant. En même temps... ce mois-ci, j’étais rarement à la maison la nuit, j’ai sincèrement oublié à quoi ressemblait une nuit sans cinq grammes dans le sens et dans le nez. Je porte la cigarette une nouvelle fois à ma bouche et expire la fumée âcre. Je l’admire se perdre dans la nuit et soupire. J’attrape mon téléphone, le repose. Et recommence ce manège quatre fois encore. La sixième fois, je le garde en main et le déverrouille. J’ouvre un nouveau message et l’efface. Trois fois. Pour au final lui envoyer un simple « tu dors ? » La réponse ne se fait pas attendre et est évidemment négative. J’écrase ma clope dans le cendrier, et le temps d’aller troquer mon short contre un pantalon noir et un t-shirt bien large noir également, mon uber m’attend en bas. Clé, téléphone, veste et je suis dans la voiture. Garry me propose de revenir me chercher si besoin. Je le remercie et lui indique que je lui ferai savoir. Je ne vais pas dormir ici, cette nuit. Cela fait six mois que je n’ai pas dormi chez lui, que je ne suis d’ailleurs pas venu chez lui. J’arrive à la porte et attend nerveusement devant la porte. La dernière fois qu’on s’est vu dans ces conditions, j’ai presque fui. Je ne m’attendais pas à ça. Rien ne m’y avait préparé. Et j’osais revenir cette nuit. Mais mes intentions sont claires. Pas de bain, pas de Marvin Gaye, pas de lit. Ça ne peut plus continuer. Je prend mon courage à deux mains, deux bras, par le corps, et cogne à la porte... qui est ouverte. Comme toujours. J’entre, et enlève ma veste que je pose sur le porte manteau. « Elwyn ? » Quand je le vois apparaitre devant moi, je ne peux m’empêcher de sourire. Le voir en cours, et parfois aller le voir à son bureau n’est pas la même chose que de le voir chez lui. C’est un tout autre terrain. Qu’on maîtrise mieux. Où il n’y a pas de langage codé parce que l’environnement nous l’impose. Ce n’est plus Mr Lafferty qui rencontre Miss Larsen, l’undergraduate. Mais bien Elwyn et Jolene qui se revoient.

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MessageSujet: Re: one for the road • elwyn. Jeu 13 Oct - 21:51
Des attaches ? A quoi bon en avoir ? L’Homme est foncièrement mauvais. La Femme l’est aussi d’ailleurs, question de parité. Alors à quoi bon s’attacher à des personnes, quand on sait que la seule issue est la déception ? Je n’en ai jamais vu l’utilité. L’être humain n’est qu’un bien de consommation comme un autre après tout, dans notre société capitaliste très portée sur le consumérisme il a donc une place de choix. Une place de choix oui, mais pas celle d’attache. L’être humain ne peut pas être un phare solide et imperturbable pour l’un de ses congénères, non, il ne peut pas. Il est trop instable, trop indécis pour ça. Voilà pourquoi il n’est qu’un bien de consommation, parce qu’il est destiné à ne pas rester dans la vie d’un-e autre. Il sera de passage, tout au mieux. Ne dit-on pas que « si c’est gratuit, vous êtes le produit ? » Les relations sociales ne sont généralement pas tarifées, mises à part quelques prestations charnelles courantes dans certains recoins de toutes les villes du monde, alors vous êtes le produit. On vous consomme, je vous consomme, et on vous jette. Je vous jette. Ainsi va la vie. S’attacher aux gens est une perte de temps doublée d’une source de négativité largement évitable. Oui, certes, il peu y avoir de beaux moments partagés, de belles choses vécues, mais l’issue est la même que pour la Vie : la Mort. La fin de la relation. Inévitablement. Au pire la Mort viendra mettre fin à cette relation.

Oui, c’était bien là ma façon de penser. C’était comme ça que je voyais les choses et c’était comme ça que je réfléchissais dès que j’étais amené à interagir avec une tierce personne. Pas d’attachement, pas de déception. Et ça avait toujours marché, de mes parents à mes conquêtes récentes, en passant par mes petites amies d’étudiant en littérature. Jamais cette vision des choses ne m’avait trahie ou n’avait été remise en cause. Les ruptures m’avaient montré le vrai visage des personnes, leurs visages démoniaques, sombres. Oui, enfin ça fonctionnait quand j’étais à l’origine de la rupture, quand j’étais celui qui disait que continuer ensemble n’était plus envisageable, quand j’étais celui qui partait au petit matin, sans un bruit, sans un mot. Là ça marchait, oui. Mais qu’en était-il lorsqu’on me quittait ? Question rhétorique, ne vous donnez pas la peine d’y réfléchir. Je n’ai que très rarement été quitté à vrai dire, mais une personne l’avait fait. Une personne à qui j’étais… attaché. Jolene Fran Larsen. Vues des dizaines de fois, intimement connue qu’une seule et pourtant, elle m’était chère. Très chère. Mais ça, elle, c’était du passé. Elle m’avait consommé puis jeté. Elle m’avait ramené à mon état de bien de consommation, avec toute la bienveillance et la gentillesse qui étaient siennes en ma présence mais n’avait pas bradé sa franchise pour autant. On s’était promis de ne jamais arriver à ce genre de relation. Tout comme je m’étais promis de ne jamais demander à une femme l’exclusivité, de ne jamais poser la première pierre de quelque chose de solide, pérenne. Et pourtant, je l’avais fait, je ne m’en cache pas. Ça s’était produit dans cette baignoire de Chicago, ma baignoire, un soir d’insomnie de sa part. Bien que nous ayons dormi ensemble après ce bain, chacun de son côté du lit contrairement à nos autres nuits enlacés, il avait tout de même été clair que c’était la dernière fois que nous partagions la même couche. J’avais été trop loin, j’avais poussé Jolene à me jeter. Ainsi fut-il.

L’écran de mon smartphone s’alluma avant que tout l’appareil n’émette un bruit atroce en vibrant sur le bois de mon bureau, où j’étais en train de m’arracher les cheveux, lunettes sur le nez, au sujet d’un roman que je n’arrivais pas à commencer. Salope d’inspiration ! C’était justement la belle danoise qui se manifestait de la plus stupide des façons. Stupide mais pragmatique. Tu dors ? Ce message s’envoyait donc encore, j’veux dire vraiment. En fait, en y réfléchissant, c’était un message bien plus intelligent qu’il n’y paraissait. En deux mots elle avait dit « Il faut qu’on se voit, es-tu disponible ? ». Futé. Oui, il était question qu’elle vienne, je la connaissais par cœur. Malgré notre « rupture », un petit sourire presque heureux se dessina au coin de mes lèvres. J’allais la revoir, chez moi, elle qui habitait la même ville que moi, une nouvelle fois. Cette fois-ci, pas question de me préparer pour elle, de mettre les petits plats dans les grands, notre relation était courtoise, sans plus. J’enlevai un instant mes lunettes pour me frotter les yeux et les remis correctement sur mon nez pour ensuite quitter le bureau et descendre au rez de chaussée histoire d’entrouvrir la porte. Je voyais dans mon séjour des petits sachets verts et d’autres blancs traîner sur un meuble. Je décidai rapidement qu’il n’était pas utile de les ranger et me dirigeai plutôt vers ma cuisine où se trouvait ma cave souterraine. Elle devait toujours aimer le vin, ce genre de chose là ne pouvait pas changer. Quelques minutes plus tard, deux verres remplis dans une main et bouteille dans l’autre, j’entendis mon prénom. Nouveau sourire en coin. Je déposai la bouteille à la hâte et me rendis dans l’entrée où je la vis, rayonnante, toujours aussi charismatique. Jolene Fran Larsen. Sans un mot je lui tendis son verre, qu’elle prit, et sirotai le mien pour finir sur une moue et un haussement des épaules signifiant qu’il était bon, mais pas exceptionnel. Que me vaut l’honneur de ta visite ? dis-je en remontant mes lunettes sur mon nez. Me rendant compte que nous étions là, bloqués dans l’entrée, je me mis de profil et lui fit signe qu’elle pouvait se mettre plus à l’aise. Oh, j’imagine que si tu viens à cette heure ci, ce n’est pas juste pour dire bonjour et repartir. Fais comme chez toi. Ce n’était pas froid, mais on avait connu plus chaleureux entre nous. Quoi ? J’étais mal à l’aise ? Moi ? Impossible !
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MessageSujet: Re: one for the road • elwyn. Ven 14 Oct - 14:42
one for the road
Elwyn & Jolene


On m’a dit une fois que, si je me refusais de m’attacher aux gens, si je refusais tout engagement, même amical, c’est parce que j’avais eu le sentiment que mes parents, puis mes grands-parents m’avaient abandonné en mourant chacun l’un après l’autre. Euh, rassurez-moi, il ne vous a pas fallu sept ans d’études en psychologie, et une thèse sur le sentiment d’abandon pour me dire ce que je savais déjà ?! Parce que, spoil alert, vous avez gâché sept ans de votre vie et des hectolitres d’encre inutilement. Je sais pourquoi je ne m’attache pas, pourquoi je prends mes jambes à mon cou et deviens plus rapide que Barry Allen quand il s’agit de prendre la poudre d’escampette. Je sais que je ne veux même pas entendre le mot « sentiment ». Je sais que le simple fait de me projeter dans le futur me paralyse, me glace le sang et m’empêche d’avancer. Enfin, je savais tout ça. Je fuyais tout attachement comme la peste, je ne voulais pas revivre ce sentiment d’abandon qui m’a suivi quasiment toute ma vie. D’après les différents psychologues et autres personnes défoncés, c’est normal. Traumatisme, tout ça, le truc qui vous reste en travers de la gorge involontairement alors qu’on essaie de s’en défaire. Le cerveau se protège et le mien m’a empêché d’avoir toute possibilité d’une relation saine. Même mes amis, je partais du principe qu’un jour ou l’autre, ils allaient m’abandonner. Et c’est moi qui finissais par les abandonner en fuyant. Faire mal avant qu’on ne me fasse du mal. J’essaie tant bien que mal de me soigner. Soigner oui, parce que je vois ça comme un virus qui a envahi mon cerveau le jour où mes parents m’ont déposé chez mes grands-parents. Bientôt vingt ans plus tard, il m’arrive encore de leur en vouloir d’avoir voulu me protéger. Il m’arrive encore de croire que s’ils m’avaient gardé avec eux, ma mère n’aurait pas eu sa crise. Avec des si on refait le monde, inconditionnel impératif de mon cerveau. J’ai fait mon deuil. Je vais mieux. Je n’abandonne plus personne. J’essaie. Mais j’ai abandonné des personnes qui m’étaient chères et je dois réparer mes torts.

Revoir Elwyn me renvoie à la gueule toutes les erreurs que j’ai pu faire avant mon départ en Afrique. Elwyn est probablement une de mes plus grosses erreurs. Pas l’avoir accepté dans la vie non. Il ne sait pas à quel point mes nuits avec lui m’ont été bénéfique. Ma plus grosse erreur est d’avoir fui. Pourtant, de mon point de vue, on est tous deux fautifs. Il savait comment j’étais, il savait que jamais je n’aurai accepté sa demande. Enfin jamais. Du moins, pas avec lui. Ce n’était pas possible. C’est mon professeur, merde ! Dans un autre contexte, probablement aurai-je pu considérer l’offre. Mais quand bien même. Il n’y avait pas que moi dans l’équation parce que même à l’époque, le Monroe me faisait déjà salement tourné la tête. Penser à lui me rappelle sa si belle mâchoire se contracter en m’entendant prononcer le prénom de notre professeur en commun. Je chasse Nate de ma tête. Je suis là pour voir Elwyn, je ne dois pas penser à celui qui m’a tourné le dos. Elwyn est devant moi, et je ne sais comment réagir. Lui non plus. La dernière fois qu’on s’est vu, malgré notre proximité, la chaleur qui émanait de la salle de bain, du lit, on s’est quitté sur un ton froid, qui annonçait la suite. Silence radio. Pas un message. Nous savions tous les deux que nous allions nous revoir. Je continuais ma littérature, et lui l’enseignement. Nous allions nous revoir. Et jusque là, j’ai réussi à éviter un tête à tête. J’étais exemplaire en cours, exemplaire dans mes copies. Je sentais son regard par moment et je me battais pour croiser son regard. Ce n’était pas prévu que je vienne le voir. Seulement, avec les récents événements, je me devais de mettre de l’ordre dans ma vie. Et la première chose à corriger était ma relation avec Elwyn.

J’accepte son verre de vin et on reste un instant à se regarder, réaliser qu’on est bien l’un en face de l’autre, qu’il n’y a pas deux cents autres étudiants autour de nous. Elwyn est un bel homme. Hell, Elwyn est sexy, avec son corps bien taillé, ses yeux bleus malicieux et pourtant bienveillants, son sourire malin qui en dit tout autant que ses yeux. Un petit rire s’échappe quand il hausse les épaules. Les papilles de Sir Lafferty ne sont que très rarement réellement satisfaites quand il s’agit de vin. Mais je note l’attention. Elwyn m’accueille avec un verre de vin. Espérons seulement que les verres seront vidés et non cassés. Je ne sais pas comment cette nuit va se dérouler. Je suis venue sur un coup de tête et pourtant bien décidée à parler. Parce que je lui dois bien ça. Je suis partie sans explication, comme une voleuse. J’ai volé sa confiance, et je suis partie. Je n’ai pas volé son coeur. Non... non, ce n’est pas ce qu’il s’est passé. Elwyn n’était pas amoureux de moi. Grand dieu, Elwyn amoureux ! M’enfin, je disais également cela de moi, et regardez-moi aujourd’hui, à oser dire pour la première fois que je suis amoureuse de Nate. Mais non. Elwyn n’est pas moi. J’accepte son invitation à entrer et me retrouvai dans son salon. Je n’étais jamais venue dans sa maison. Il était passé d’un appartement à une maison. Quand on s’appelle Elwyn Lafferty, on a les moyens de se faire plaisir. Ce n’est pas pour son argent qu’il m’a plu. Son charisme, nos discussions, la protection qu’il m’offrait la nuit. Je m’en foutais de son argent. Je l’appréciais lui au delà de ce qu’il se disait sur lui – son argent, son penchant non caché pour toutes personnes ayant un vagin à remplir. Je me permets de visiter rapidement de l’oeil son salon, appréciant l’énorme bibliothèque qui trônait comme maîtresse de la pièce. Mon regard se posa sur la table basse où se trouvaient deux sachets. Elwyn ? Je fronçe un instant les sourcils, et haussant les épaules, je reportai mon regard sur lui, un sourire teinté aux lèvres. «Non, je ne suis pas là que pour un simple bonsoir. » Je bus une gorgée de vin. Je ne comprenais pas Elwyn. Ce vin était sincèrement bon. Fruité comme il le fallait, sucré à point. Comme je l’ai dit plus haut, les papilles de monsieur sont difficiles à satisfaire.

J’étais gênée. Je ne savais comment lancer le sujet. J’étais celle qui étais partie. Son comportement m’indique que je suis toujours la bienvenue. Mais que j’ai clairement perdu mon statut privilégié. Non pas que je lui en veuille. Je mérite l’absence de chaleur. Je mérite ce côté froid. J’inspirai un bon coup. « Je pense qu’il faut qu’on parle, non ? » Ce serait hypocrite de demander comment il va, d’avoir cette conversation banale qui ne mène à rien. On n’en a jamais eu besoin, lui et moi. Je ne vois pas pourquoi on en aurait besoin aujourd’hui. « Enfin, je pense plutôt que je te dois des explications. » je posais mon verre et un rire m’échappa. La situation était grotesque, pathétique. Elwyn face à moi semble imperturbable. Je tente de reprendre mon sérieux et je croise le regard d’Elwyn, ces deux billes couleur océan qui m’ont toujours rassurée. « Je ne sais par où commencer. Hum. Oh et puis merde. J’ai fui, je dois bien porter mes couilles à un moment. Elwyn, j’ai vraiment besoin que tu sois franc avec moi. Ça fait mal, tant pis, je l’aurai mérité. Vraiment. Est-ce que tu m’en veux ? » Crois moi, après le « t’es une salope » de la semaine dernière, je peux tout recevoir.


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MessageSujet: Re: one for the road • elwyn. Ven 21 Oct - 15:11
Jolene. Si elle savait combien de fois son prénom s’était retrouvé sur des feuilles dans mon salon, carnets en marchant dans les rues de la ville, serviettes en papier au restaurant ou sur l’écran de mon ordinateur dans mon bureau. Depuis son « départ » je lui avais beaucoup écrit, sans jamais lui envoyer les textes qui lui étaient adressés. C’était une sorte de correspondance qui n’attendait pas d’être lue par sa destinataire, qui n’attendait pas de réponse non plus. Jolene. Si elle savait combien d’heures j’avais passé à penser à elle. Depuis son « départ » elle avait hanté mon esprit. Littéralement. Certains de mes cours avaient été perturbés par la simple pensée de la belle blonde quand d’autres avaient parfois été dérangés par sa seule présence. Pas de grandes perturbations, non, j’ai buté sur un mot ici, perdu le fil de ma pensée là. Rien de bien grave en somme. Ecrire était une sorte de thérapie. Coucher son prénom sur le papier, matériel ou virtuel, pour l’ôter de mon esprit, voilà l’idée. Mauvaise, l’idée. Lamentable même. Le résultat, à la manière d’un effet Streisand, n’avait été que le total opposé de l’effet souhaité. Oui, je n’avais fait qu’encore plus penser à elle. J’avais encore plus écrit à son sujet. Je lui avais écrit encore plus de lettres non envoyées. L’alcool s’était invité à la fête. Vin, whisky, vodka, tequila, gin, eau de vie. La drogue aussi. Cannabis, LSD, cocaïne, champignons. Parfois défoncé ou ivre au point de ne plus pouvoir me mouvoir, totalement amorphe, j’avais plus souvent été excité, énervé, furieux, agressif. Jolene. Si elle savait que les murs qui l’entouraient en ce moment même avaient été repeints à plusieurs reprises. Le vin était sans aucun doute l’alcool qui tâchait le plus profondément et durablement les surfaces qu’il rencontrait. Croyez-moi sur parole. Le verre quant à lui était incontestablement le matériau le plus fourbe. Fragile mais pernicieux. Malicieux paradoxe. Oh et dernière chose : aucun alcool fort, même de très grande qualité, ne fait un bon cicatrisant. Sachez-le. D’aucuns diraient que j’étais entré dans une phase de démolition. D’auto-destruction. Pour une femme. Absurde. Elle n’était pas fautive de mon comportement immature. Elle était la raison mais pas la coupable. Le mobile mais pas la responsable. J’aurais du savoir que fréquenter trop souvent la même jeune femme était néfaste. Il parait que lorsqu’on loue un objet dix fois au moins, il vaut mieux en devenir le propriétaire, que cet objet nous est nécessaire, presque vital. Était-ce pareil concernant les relations humaines ? Avais-je tellement passé de soirées avec Jolene qu’elle était devenue indispensable à mon bien être ? A ma santé ? Impossible. Impensable. Et pourtant, les faits étaient là. Des centaines de pages comportaient son nom. Des dizaines de verres avaient été brisés en son nom. Une poignée de cris remplis de haine et de nostalgie n’avaient articulé que son nom. Putain de merde ! J’étais donc si faible que ça !

Au salon, je ne sus que faire d’autre que rester un instant là, planté devant l’immense bibliothèque. J’étais très fier de cette bibliothèque et encore, celle du salon n’était qu’une partie d’un plus grand ensemble. Il y avait une plus grande bibliothèque dans mon bureau, une autre, dans ma chambre, plus petite cette fois. On avait beau me taxer d’écrivain égocentrique, j’aimais les livres, tous les livres et pour remplir autant d’espace, ça impliquait d’aimer les livres des autres aussi. Voyez comme je ne pense pas qu’à moi, comme je n’aime pas que moi ! Ray Bradbury, Edgar Allan Poe, Agatga Christie, Howard Phillips Lovecraft, Oscar Wilde, Stephen King, Emily Dickinson. Tous et toutes avaient une place chez moi, aussi bien sur mes meubles que dans mon co… chez moi. J’étais donc là, immobile, la tête légèrement relevée, contemplatif, un sourire au coin des lèvres, fier de cette œuvre qu’était ma collection littéraire, car oui, c’était une œuvre. Ma tête s’est penchée par réflexe et mon regard a commencé à parcourir les nombreux titres qui croisaient son chemin jusqu’à s’arrêter sur L’Education sentimentale. Gustave Flaubert. Un classique ! Je me suis assis dans le fauteuil le plus proche et ai ouvert le livre en son centre, très approximativement. Je l’avais déjà lu des dizaines de fois, je m’en fichais pas mal de commencer la lecture au début. Quelquefois, se posant comme expérimentée, elle disait du mal de l’amour avec un rire sceptique qui donnait des démangeaisons de la gifler. Alors que je lisais ça, j’entendis Jolene me dire qu’on devait parler. Devions-nous vraiment le faire ? Dans toute l’Histoire des discussions entre deux personnes réciproquement intéressées, jamais cette fameuse nécessité de parler n’avait abouti sur quelque chose de positif. Jamais. Constructif, peut-être, mais positif, non. J’ai refermé le livre dans un claquement de papier assez bruyant comparé au silence qui régnait, me suis relevé et j’ai rangé le livre à son exacte place pour ensuite me tourner vers la séduisante blonde. Je t’en prie, assieds toi. finis-je par dire sur un ton très posé tout en lui indiquant d’un geste de la main le canapé qui faisait face à mon fauteuil. Des explications donc. Très bien. Je me suis rassis et l’ai regardé silencieusement, impatient de connaitre la suite de son histoire. La suite, ou plutôt le début, savoir pour quelle raison elle était là, devant moi. Mes lèvres s’étendirent en un large sourire. Tout ça pour savoir si je lui en voulais ou pas. Non. tranchai-je sans y mettre plus de forme. Jolene. Si elle savait que je lui mentais. Bien entendu que je lui en voulais ! Bien entendu que je l’avais longtemps haïe pour ce qu’elle avait fait de moi, même involontairement ! Bien entendu ! Mais je n’étais pas rancunier. J’avais depuis quelques temps enterré ces pensées négatives, je les avais éradiquées de mon esprit. Plus maintenant. ajoutai-je tout aussi brièvement pour plus de sincérité. Dans un lent mouvement, j’ai attrapé mon verre, ai siroté un peu de son contenu et l’ai reposé sur la table basse, près des petits sachets que je ne cachai même pas. Tu vois… tu pourras rentrer chez toi ce soir l’esprit complètement apaisé. Je ne t’en veux pas. Plus. Soulagée ? J’ai retiré mes lunettes et me suis inconsciemment mis à mordiller l’extrémité d’une des branches avant de poursuivre, quelques secondes de silence plus tard, sans avoir obtenu de réponse à cette question qui n’en attendait de toute façon pas. J’ai sous entendu une demande à la réponse positive impossible, que pouvait-il arriver d’autre que l’issue que nous connaissons tous les deux, hein ? Je me rendis compte que je m’étais tout aussi inconsciemment penché en avant pour lui demander ça. J’ai pris mon verre de vin, à nouveau, et me suis bien calé au fond de mon fauteuil. Je fixais la jeune femme, sans un mot, sans gêne. Je l’avais sous la main, autant en profiter pour lever quelques doutes personnels. Tant qu’à faire ! Dis moi, m’en as-tu voulu toi ? Comment se sont passés ces mois où nous avons coupés les ponts ? Jolene. Si elle savait que j’espérais qu’elle m’en ait voulu et que cette période ait été sombre pour elle comme elle l’avait été pour moi.
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MessageSujet: Re: one for the road • elwyn. Sam 22 Oct - 1:14
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Elwyn & Jolene


Ce non qui tranche le silence qui règne entre nous deux, malgré ma petite tirade. Ce non qui laisse entendre bien plus que ces trois petites lettres peuvent signifier. Elwyn est un écrivain. Un écrivain reconnu mondialement et récompensé de nombreuses fois. Un écrivain qui sait manier les mots, et qui enseigne cet art à toute une université. Qui m'enseigne cet art. J'ai appris du meilleur, dirons-nous. Oui, j'ai dévoré les bouquins d'Elwyn, je les lisais même alors que nous partagions le même lit. J'ai étudié ses lignes, j'ai décortiqué ses mots, je les ai analysés comme il nous ait demandé de faire. Je sais qu'un non ne veut seulement pas imposer la négation. Un non cache beaucoup trop de trucs. Et le regard qu'Elwyn me lance, ce non, il en cache beaucoup. C'est un être passionné, que ce soit dans ses bouquins, dans ses passions, dans le sexe – une nuit m'a suffit, ô croyez moi – dans ses relations. C'est un être passionné, qui se donne entièrement, ou qui ne donne rien. Et il me donnait tout. Il me donnait plus que je ne méritais. Beaucoup plus. Et le « plus maintenant » qui confirme ce que je redoutais. Elwyn m'en a voulu. Pourquoi redoutais ? Que je cesse de me voiler la face, évidemment qu'il m'en a voulu, heureusement qu'il m'en a voulu ! J'ai agi telle cette sirène qui ensorcèle Ulysse pour mieux le jeter une fois qu'elle a eu ce dont elle voulait. Comment appelle-t-on ce genre de filles aujourd'hui ? Ah oui. Des salopes. Je suis une salope, ce genre de salope en chef, qui montre à toutes ses subalternes comment agir avec le sexe opposé. Je dis sexe opposé mais cela fonctionne avec tout le monde, c’est juste que moi, je n’ai eu à faire qu’à des hommes. Je disais donc. Prenez un homme de renommé, quelque soit son champ d'action : le campus, le monde littérature. Prenez cet homme, et jouez avec lui. Jouez, prenez du plaisir, charnel, c'est encore mieux, car l'addiction se fait beaucoup plus rapidement, et elle est d'autant plus forte. Jouez, sur des mois, pourquoi pas des années ? Mais surtout, évitez de tomber dans votre propre piège. Et quand enfin, vous avez atteint votre but, c'est à dire que votre victime se rende compte qu'elle est à vos pieds, ensorcelée, dépendante, seulement à ce moment là : partez. Partez sans regarder en arrière. Ne regrettez pas, surtout pas. Les regrets sont pour la douche le soir, quand votre maquillage coule. Seulement durant ces cinq secondes, vous avez le droit de regretter. J'ai agi comme ça. Deux fois. Inconsciemment. Cela fait-il toujours de moi une salope ? A leurs yeux, oui. Le problème, c'est que justement, c'est eux qui comptent.

Je partais du principe – restons dans le cas Elwynien - qu'entre nous, tout était clair. Nous n'irons jamais jusqu'aux sentiments, nous n'irons jamais jusqu'à la dépendance. La dépendance n’est réservé qu’à ceux qui ont le loisir de connaitre ce calme qu’offre l’exclusivité. Ce n’est pas nous, ça. Elwyn est bien trop passionné pour être calme et je suis bien trop détaché pour me poser du jour au lendemain. On ne s’est pas assez dompté mutuellement pour se porter candidat au statut de personnes posées. Avoir un travail, un revenu et accessoirement quelqu’un qui nous attend à la maison ne fera de toutes façons jamais parti de notre composition. On ne fait parti de ces gens là. Et si je suis partie, je pense que c’est plus tant par surprise que par peur. Il m’aurait posé la questions quelques mois plus tard, certes la réponse aurait été la même, mais la raison en aurait été différentes. À l’époque, j’ai été surprise. Parce que nos rendez-vous n’étaient pas assez fréquents. Parce qu’aucun de nous ne laissait paraitre cette attraction se transformer en quelque chose de plus grand. Parce que ce n’était pas nous. Ou alors, et cela m’attriste : je ne connais pas Elwyn. Je ne connais pas Elwyn, qui lui me connait pourtant sous toutes mes coutures. « Pourquoi ? » Je suis curieuse. Je veux savoir. Je veux connaitre Elwyn. Je veux savoir ce qui l’a poussé à me poser question. « Pourquoi moi ? » N’y voyez pas de l’égocentisme ou du narcissisme. C’est une question sincère, dénuée de volonté de gonfler mon égo. Au contraire. Je ne comprends pas pourquoi c’est à moi qu’on pose cette question. Je ne suis pas quelqu’un à qui on s’attache. Je suis celle qu’on doit fuir.

Je bois une gorgée et pose le verre, faisant attention à ne pas loucher sur les sachets à mes côtés, notamment un. J’ai tenu des années sans y toucher, je peux continuer. Je m’assois au fond du canapé, comme pour mettre une distance entre le diable blanc et moi. Mais également pour me protéger de ce qu’il va suivre. J’assume, je reconnais mériter les coups que l’ont me porte. Cela ne signifie pas que je n’ai pas le droit de me protéger. Je regarde Elwyn, je le regarde réellement cette fois. Et je l’admire. Parce que je n’ai rien d’autre à faire que de l’admirer. J’ai toujours été en pure admiration devant l’écrivain. Je détachais de toutes ces femmes qui voulaient à tout prix ouvrir les cuisses et dire « j’ai couché avec Elwyn Lafferty. » Non, ce n’était pas mon but quand je l’ai rencontré. Quand je l’ai rencontré, je n’étais qu’une jeune fille qui passait par Chicago avant de rejoindre l’Europe pour un an. Je me suis introduite à une soirée où je n’avais pas ma place. Et je savais qui il était quand je l’ai accosté. Je savais qui il était quand on s’est retrouvé dans cette chambre. Je savais qui il était quand je n’ai pas résisté à l’appel de ses lèvres. Je savais qui j’étais quand complètement ivre, je me suis endormie dans ses bras après avoir passé la nuit à parler. Je me fichais de qui il était dehors. Je savais qu’avec moi il était Elwyn, mon somnifère ambulant. Je me contrefous toujours autant du nombres de chiffres qui précèdent la virgule sur son compte en banque. Je soupire et fronce les sourcils. « Non, évidemment que non je ne suis pas soulagée, ce n’est parce que je suis partie que je n’ai pas subit cette séparation. » Néanmoins, ce serait mentir si je disais que je passais mon temps à y penser. Mon esprit était bien trop occupé à penser à un certain fêtard, et mon corps le réclamait bien évidemment sans cesse. Il est sûr que je n’avais pas l’esprit tranquille. Parce que quand je ne voyais pas Nate, ou meme quand lui dormait à mes côtés et que je le trompais avec mes insomnies, je me posais la meme question. Pourquoi ? Pourquoi moi ?

« Pourquoi l’as-tu posé si tu en connaissais déjà la réponse ? » On dit que le pourquoi est la question la plus redoutée par les parents parce que non, ces adultes n’ont pas réponse à toutes les questions de leur enfant. Ce pourquoi est leur hantise. Mais pense-t-on également aux enfants qui posent cette question parce que justement, ils ont besoin de savoir ? Ils sont perdus, ont besoin de comprendre. Et ce mot de huit lettres qui peut ébranler toute une fondation, toute une mascarade. Parce que c’est ce que c’est. Une mascarade. On cache notre ignorance, on cache notre manque de confiance. On cache notre vrai visage. Pourtant n’est-ce pas la base d’une relation, la confiance ? Notre confiance est ébranlée. Et pourquoi je dis ça ? Je ne sais même plus. Les yeux d’Elwyn,le calme qu’il impose, tout ça me perturbe. Ça me met mal à l’aise. On a besoin de cette conversation, surtout lui. Sa question me stoppe dans toute réflexion. Je ne m’y attendais pas. Est-ce que je lui en ai voulu. J’ouvre la bouche, prête à dire que non, évidemment que non, je ne lui en ai pas voulu, c’est moi qui ai fui. Et je referme la bouche. J’ouvre mon sac, sors mon paquet de clope, et sans me gêner, je me grille ce bâton. Je regarde sous la table et.. bingo, un cendrier. S’il y a de la verte, c’était obligé qu’il y en ait un. Je tire longuement sur ma cigarette et recrache par le nez la fumée, croisant mes jambes en même temps. « Évidemment que je t’en ai voulu. Je t’ai même haïs d’avoir brisé ce qu’on avait en me parlant de l’impensable. Enfin impensable à l’époque. Je t’en ai voulu d’avoir essayer de poser des limites à ce qu’on vivait. Je t’en ai voulu de m’avoir obligé à fuir, de me foutre cette claque dans la gueule parce qu’entre toi et Nate, je ne savais plus où donner de la tête. »



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MessageSujet: Re: one for the road • elwyn. Mer 2 Nov - 19:41
Ma vie d’écrivain avait commencé il y a de longues années maintenant. Sur les bancs de mon université irlandaise pour être tout à fait exact. Pourquoi vous dire ça comme ça, hors contexte ? Sans doute parce que c’est à cette période bien précise que j’ai commencé à comprendre que je n’étais pas fait pour être l’homme d’une femme mais celui de toutes les femmes. Ou plutôt d’un grand nombre en fait. Toutes… c’est un peu exagéré. Certaines ne remplissaient malheureusement pas les critères nécessaires pour me plaire et je n’ai jamais fait dans le social à vrai dire. Dommage. Pour elles. Je me suis peut-être déjà plains d’être la cible de demoiselles voulant uniquement se vanter d’avoir couché avec moi mais je dois reconnaître que j’ai parfois profité de la situation. Je n’ai jamais vraiment su qu’est ce qu’elles en retiraient. Une certaine gloire ? Un bien-être personnel ? Une interview monnayée sur nos ébats ? Le dernier point me semblait peu probable mais bon, après tout je m’en fichais royalement, si elle pouvait avoir un semblant de vie intéressante grâce à moi, pourquoi pas ? Ma renommée m’avait ouvert de nombreuses portes. Des paires de cuisses aussi. Plus ou moins respectables selon les cas. Oui parce que ma notoriété ne faisait pas tout. A moins que ce soit la gente féminine qui ne soit pas à la hauteur de mes attentes. Il m’était en effet arrivé d’avoir à rémunérer une personne pour vraiment obtenir ce que je souhaitais. Triste d’en arriver là, je vous l’accorde, mais nécessaire, je vous l’assure. Question d’équilibre de mes chakras. Des étudiantes, des mères de familles, des professeures, des prostituées, le Elwyn étudiant était déjà un homme à femmes. Et je n’avais pas changé. Pas le moins du monde. La fidélité était une notion très floue pour moi, presque aussi floue que la vue de Capitaine Krabs lorsqu’il perd de l’argent. Elle était floue parce que l’être humain l’avait rendue floue, en lui donnant une subjectivité qui ne m’aidait pas du tout. Quand pour certain « embrasser c’est tromper ! », pour d’autres « sucer n’est pas tromper ! ». Perturbant, n’est ce pas ? Trop subjective donc, j’avais depuis longtemps décidé de ne pas rechercher cette fidélité, ne pas me l’imposer non plus.

Ne pas me l’imposer. Jusqu’à Jolene. Est-ce que je lui aurais été fidèle ? Probablement pas, non. Un de mes actes que j’aurais jugé normal, naturel, ne l’aurait pas été à ses yeux. Je l’aurais trompée sans même m’en rendre compte. Je lui aurais fait du mal sans même comprendre pourquoi, comment. Enfin ça, ça aurait été dans le cas d’une relation plus poussée avec la jeune femme. Je m’étais posé cette question tout en sachant qu’elle n’avait pas à se poser puisque Jolene avait fui. Cruelle auto-torture. Pourtant, la vie ensemble aurait vraiment pu être… satisfaisante. Ici à San Francisco, dans cette maison accueillante, ensemble sans empiéter sur la zone de confort de l’autre… Non. Tout ça sonnait atrocement faux. Ce n’était pas elle. Ce n’était pas moi. Ce n’était pas nous. Ça ne nous ressemblait pas. Est-ce que j’étais prêt à cohabiter tous les jours avec une autre personne ? Clairement pas. J’étais un être de solitude, incapable de supporter une présence trop longue de quelqu’un d’autre sous son toit. Et puis il y avait mes phases sombres, clairement incompatible avec toute relation sociale avancée. J’étais Solitude.


Pourquoi elle ? Je n’avais pas vraiment envie de répondre pour être honnête. Elle aurait du le savoir. Si elle ne le savait pas, c’était sans doute parce qu’elle m’avait utilisé sans vraiment apprendre à me connaitre. Sans chercher à le faire. Je passais pour un bel imbécile ! Aux yeux de qui ? A mes yeux pardi ! Je m’étais laissé happer par la beauté scandinave de Jolene et qu’avais je eu en retour ? Une partie de jambes en l’air, comme si elle avait voulu me dire Tiens, pauvre mec, je peux bien faire ça pour toi vue l’aide que tu m’apportes. Loser. Pourquoi elle ? Parce qu’elle m’avait rendu fou. D’elle. Parce qu’en fréquentant d’autres personnes, j’avais parfois pensé à elle. Remplacée, jamais égalée. Voilà pourquoi elle. Mais je ne répondis pas, le silence était selon moi une bien meilleure réponse. J’ai préféré soupirer. Longuement. Déçu, par elle, par moi-même. Par nous en fait. Nous étions décevants. Notre relation avait été construite sur un marais. Ce genre de sol mouvant sur lequel il est impossible de couler des fondations solides. Et pourtant nous avions essayé, bêtement. Mais les lois de la Nature sont plus puissantes que celles de l’Homme et nous avions donc échoué. Inévitablement. Lamentablement. Un nouveau « pourquoi ». Une nouvelle absence de réponse de ma part. Qu’est ce que ça changerait qu’elle sache pourquoi j’avais posé cette question ? Je l’avais posée, point. Inutile de vouloir réécrire l’Histoire ce soir. Les récits sont faits pour être intuitifs, instinctifs, pas réfléchis et calculés. Le notre avait suivi cette règle, voilà tout.

Toujours aussi bavard qu’un caveau funéraire, je me suis levé. Mon verre n’était pas encore vide mais il était loin d’être plein, il nécessitait un appoint. En revenant de la cuisine avec la bouteille, je me suis servi avant de poser la bouteille sur la table basse sans en proposer à Jolene. Pour être plein, mon verre était maintenant bien plein. Pas le genre de remplissage habituel des restaurants et bars. Non. Vraiment plein. De quoi glisser mes lèvres pour le boire, pas plus. Mais le vider était pour plus tard. Je devais d’abord subir toute la haine que la belle blonde avait à mon égard. Parce que oui, elle semblait en avoir. Beaucoup. Le champ lexical utilisé le laissait entendre. Elle me détestait, mais j’étais satisfait. J’avais voulu qu’elle m’en veuille et c’était le cas, elle m’en voulait. Jubilation extrême. Elle me décrocha même le premier sourire depuis de longues minutes. Premier mais éphémère sourire. Il était question de Nate. Je n’en connaissais pas mille des Nate. Il n’y en avait qu’un et malheureusement, elle ne pouvait parler que de lui. C’était donc lui qui faisait battre le cœur de Jolene. Mon étudiant le plus brillant, celui qui deviendrait à coup sûr le numéro un des ventes littéraires. Celui que j’adorais pour son talent était donc celui qui me causait tous ces tracas émotionnels ? Comme le Destin est cruel… J’étais fou. Intérieurement en ébullition. Je me suis relevé et me suis mis face à ma bibliothèque. Encore. A nouveau, mon regard se mit à parcourir les tranches des livres, mais cette fois ci, je ne cherchais pas un titre. Je cherchais une absence de titre. Et je fini par trouver. Le « livre » était en fait un cahier. A l’intérieur, des mois de mal-être, exprimés par un seul mot répété jusqu’à l’ultime page : Jolene. J’avais écrit son prénom des milliers de fois dans ce cahier. Au début, les mots étaient beaux, bien formés, bien alignés. Mais la colère et la tristesse c’étaient mêlés à ça. Ils n’auraient pas du. Ces sentiments sombres se voyaient dans la forme des lettres. J’écrivais plus vite, plus gros, plus violemment. Ici il y avait des trous dans le papier, causés par une plume trop agressive. Là, des taches de vins dus à un mouvement trop brusque. Je me suis retourné et ai fait glissé le cahier sur la table basse en direction de Jolene. Pourquoi toi, je n’en sais rien. Certaines choses n’ont pas d’explication cohérente Jolene. Tu pourras dire à Nate qu’il est la cause de tout ça. affirmais-je en pointant le cahier d’un geste du menton. Le calme avait laissé place à l’amertume. Je comprenais qu’il n’y avait pas que dans la littérature que le brun allait me remplacer. Qu’il m’avait remplacé.
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MessageSujet: Re: one for the road • elwyn. Mar 8 Nov - 17:47
one for the road
Elwyn & Jolene


Ah Jolene elle a bon dos hein ? Je vais mal ? La faute de Jolene. Je suis blessé ? La faute de Jolene, pardi ! On m’a brisé le coeur ? Encore Jolene ! C’est toujours de ma faute. Les maux de la Terre ont été crée le jour de ma naissance. Les habitants de San Francisco ont découvert le malheur le jour où j’y ai posé les pieds. Mettez moi sur le dos la Seconde Guerre Mondiale ou même Pompeii. Je suis sûre qu’il y a moyen de caser ça dans mon casier de salope. J’en ai sincèrement ras le cul qu’aucun ne porte ses couilles. Entre l’écrivain renommé et l’autre qui a un QI supérieur à la moyenne, je me retrouve à porter le poids de leur connerie sur le dos. Parce que l’autre, lui, il attend le moment où je suis bourrée pour me dire qu’il craque pour moi. Mais entre la power race et la mystery party ?! M’envoyer un message était trop dur ? Non, il faut que ce soit moi qui lui envoie un message, moi qui aille le voir à l’improviste chez les Monroe, moi qui l’appelle. Toujours moi. Pareil pour l’autre ? Oh, c’est sûr il a eu les couilles de me demander l’exclusivité, de but en blanc. Mais assume ? Parce que c’est de ma faute si il s’est épris de moi ? On était d’accord. On n’allait pas plus loin. Et c’est une des raisons pour laquelle je ne voulais pas qu’on couche ensemble. Parce que ça serait entrer dans un cercle vicieux dont on ne pourrait se défaire. La preuve avec l’autre. Si on a couché ensemble une fois, c’était sur le moment, c’était non-prémédité, la tension était telle qu’on a passé le cap. Et quand je vois où ca nous a mené, cinq ans après ? Je regrette d’avoir craqué. Je le déteste de me faire regretter ca. Je le déteste de me faire regretter de m’être attachée à lui. Je le déteste d’avoir brisé cette confiance. Je le déteste de me faire passer à son tour pour la méchante alors que c’est lui qui a agit. Parce que c’est bien ca n’est-ce pas ? À partir du moment où l’on dit non, où l’on n’assouvit pas vos moindres désirs, nous sommes vos bourreaux, celles qui doivent être punie à tout prix. Troisième fois que j’en paie les conséquences pour un non. Et j’en ai plus qu’assez qu’on me remette tout sur le dos.

Je regarde le cahier s’arrêter glisser sur la table, s’arrêter au niveau de mon verre, le bousculer légèrement. J’écrase mon mégot dans le cendrier, mon regard ne quittant toujours pas l’objet. Que contient-il ? Le cahier est usé, comme s’il avait été malmené. Je lève la tête vers Elwyn, incompréhension totale dans mes yeux. De quoi parle-t-il ? De quoi Nate en est-il la cause ? Je ne comprends pas, je suis perdue. Je n’ose pas prendre le cahier. J’ai peur de ce qu’il pourrait renfermer, de la vérité qu’il garde secret. Mais la curiosité se fait trop grande. La main hésitante, presque tremblante, j’attrape le cahier, sous le regard indifférent d’Elwyn. Pire que de recevoir une note sur un essai dans lequel j’ai mis toute mon âme. C’est comme si je recevais la sentence de ma vie. Comme si Elwyn décidait de mon droit de vivre ou pas dans ce cahier. J’ai ouvert la première page. Et jamais je ne pourrais prétendre que je m’attendais à ça. Mon prénom, écrit de sa belle calligraphie, soignée, propre, parfaite. Mon prénom qui sonnait comme une poésie du bout de ses lèvres. Mon prénom qu’il répétait, son accent irlandais qui venait buter par moment sur le « e » du milieu. Il a écrit mon prénom des centaines et des centaines de fois sur toutes les lignes de ce cahier. Ces sentiments se font ressortir à chacune des courbes des lettres de mon prénom. Le tout premier n’est qu’affection et douceur. Celui du milieu est incompréhension, déception. Le tout dernier est Haine pure. J’en ai des frissons. Avez-vous déjà été à ma place ? Aller voir les deux hommes de votre vie, tenter de réparer les choses, et vous rendre compte qu’en fait, la seule chose qu’ils ressentent pour vous n’est que Haine viscérale ? Haine biblique ? Ce n’est pas joyeux. La place n’est pas chaude. Elle est froide, glaciale, et je ne parle pas de la température parce qu’elle se situe dans les tréfonds de l’Enfer. Nate me déteste. Elwyn me déteste. Je les déteste. Je me déteste. Et pourtant, je n’arrive pas à leur en vouloir.

Je suis hypnotisée par tant de violence à mon égard. Mon côté masochiste, probablement. Mais, comme tout le monde, je ressens cette pointe d’égoïsme qui est touché de recevoir autant d’haine parce que l’amour en est d’autant fort. À croire que c’est devenu mon quotidien. Je suis devenu cet être détestable, que plus personne ne veut croiser. Et vous voulez rire ? Parce que c’est vraiment marrant comme histoire. La personne qui ne supportait pas de me voir est probablement la seule personne qui ne me déteste pas. Sidney et Tempérance ne compte pas. Elles ne savent quasiment rien de ce qu’il se passe. Mais Nik, qui me détestait, est l’unique personne avec qui je parle sans une once d’animosité. C’est drôle non ? Parce que moi je suis trouve ça drôlement pathétique. Quand je suis revenue de Danemark, tout devait aller mieux. Je ne devais plus avoir peur de mes sentiments, d’assumer mes actes, faire face à ma vie comme une personne saine d’esprit. Je suis partie pour remettre ma vie en ordre et à mon retour ? C’est pire qu’avant ? Ce n’est pas possible ? « Nate te dirait que tu es la raison de la fin de notre relation. » S’il venait à le savoir. Et je sais qu’il le saura bientôt, tôt ou tard. Mon dieu, qu’ai-je ? La probabilité pour que celui dont je sois folle amoureuse soit le protégé de celui qui m’a appris à être calme ? Je referme le cahier et le pose au bout de la table. Loin de moi. Je bois cul sec le verre à moitié vide et pose le verre sur la table. Je m’assois en tailleur, et soupire. Je ne sais même pas si j’ai bien fait de venir. Si j’ai bien fait de rester. « J’aimerais m’excuser, te dire à quel point je m’en veux. Sauf que cela reviendra à te mentir. » Je déteste mentir. La sincérité est pourtant soi-disant maitresse de toute relation. Bullshit, elle en est la traitresse. « Tu ne peux pas me reprocher quelque chose qui est hors de ma portée. Autant me reprocher le mauvais temps ! » C’est à mon tour de me lever, de faire les cents pas dans son salon. Les mains dans les cheveux, grande dramaqueen que je suis. Je devrais tenter le théâtre. Abandonner la littérature en mineur et me lancer sur scène. Je ferai un carton. « C’est quoi ta solution ? Je dégage et quand je quitte ta maison, je quitte ta vie pour toujours ? Ou je reste, on met les choses à plat ? J’suis pas prête pour la première option. Tu peux penser que je suis égoïste, de ne penser qu’à moi, mais je n’ai pas envie que pour une question, on fasse comme si cinq ans ne s’étaient pas écoulés. Putain, Elwyn. C’est toi qui choisis. Soit je pars, et je quitte également ta vie, et même tes cours, soit je reste et on sauve ce qu’on a vécu. »




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